Co-président général de l’UMIH 21, notre invité incarne un secteur à la croisée des enjeux économiques, réglementaires et sociétaux : l’hôtellerie-restauration et, plus particulièrement, le monde de la nuit.
La récente actualité dramatique a remis en lumière des questions longtemps sous-estimées, notamment dans les bars et restaurants accueillant ponctuellement des événements festifs. Pour notre invité, le constat est clair : la réglementation des discothèques est historiquement élevée et efficace, quand celle des établissements hybrides n’a pas suivi l’évolution des usages. Si la réglementation des discothèques a été renforcée au fil des drames, celle des lieux hybrides reste trop large. « Les habitudes sociales ont changé, la norme doit évoluer avec elles », souligne-t-il.
Sans opposer les métiers, l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) entend porter une réflexion pragmatique pour renforcer la sécurité des clients, proportionnellement à l’activité réelle des lieux. Le rôle du syndicat est central en tant que relais entre les professionnels de terrain et les institutions, faisant remonter les réalités opérationnelles, les contraintes économiques et les besoins réglementaires.
Sécurité incendie, gestion des flux, prévention des risques : autant de sujets sur lesquels le syndicat souhaite accompagner plutôt que sanctionner. Si la décision de plusieurs établissements dijonnais d’abandonner les bougies incandescentes au profit des leds est louable, il faut dépasser les initiatives individuelles pour constituer une véritable réglementation.
Cette logique se traduit concrètement par des actions à venir : audits de sécurité accessibles, menés par des préventionnistes indépendants, formations ciblées, et pédagogie face à une réglementation souvent jugée complexe, surtout pour les petites structures.
« En matière de sécurité, il n’y a jamais trop de normes »
Christophe Le Mesnil, co-président de l’UMIH 21,
gérant des établissements Melkior et Bal’tazar à Dijon
Parallèlement, l’UMIH accélère sa propre modernisation. Outils numériques, intelligence artificielle avec GRUMIH pour répondre aux questions des adhérents, formats courts de réunions avec des experts : le syndicat se réinvente pour rester utile et accessible. À plus long terme, il plaide également pour une meilleure formation initiale des exploitants, dans un secteur où l’on peut encore ouvrir sans prérequis.
En somme, le monde de la nuit reste fidèle à son ADN : le changement permanent et l’adaptation, qu’il s’agisse de nouveautés musicales, de communication ou de sécurité. « La nuit bouge vite, et elle a toujours su s’adapter », conclut notre invité. Un dynamisme qui, bien encadré, reste un atout économique et culturel majeur pour les territoires.
Texte : Zoé Benoit
Photo : David Chedoz
