C’est le gain de PIB que pourrait générer la réduction de la pollution de l’air pour la France chaque année. Un chiffre qui rappelle que la qualité de l’air n’est pas qu’un sujet sanitaire ou environnemental, mais aussi un levier économique très concret pour les entreprises.
La Direction générale du Trésor a publié récemment une analyse des impacts économiques de la pollution de l’air. Un coût invisible, mais bien réel, qui concerne tous les secteurs, des métiers industriels et agricoles aux activités tertiaires à forte intensité intellectuelle.
La pollution atmosphérique pèse sur l’activité à court terme, en réduisant la productivité des salariés. Fatigue accrue, baisse de concentration, erreurs plus fréquentes : les études montrent que les capacités physiques et cognitives sont altérées dans de nombreux secteurs. Résultat : une baisse mesurable du chiffre d’affaires. Une hausse de 10 % de l’exposition mensuelle aux particules fines (PM2,5) entraînerait en moyenne une baisse de 0,4 % du chiffre d’affaires des entreprises dans les deux mois suivants, sans rattrapage ultérieur.
À plus long terme, l’impact est tout aussi préoccupant. En affectant les performances scolaires, l’innovation et la qualité du capital humain, la pollution de l’air freine durablement la croissance. À l’inverse, l’amélioration de la qualité de l’air est associée à des gains de productivité significatifs et à une activité économique plus dynamique.
Des constats à mettre en lien avec les orientations portées par la PPE3. En accélérant la décarbonation de l’énergie, des transports ou du chauffage, la PPE3 ne répond pas seulement à un objectif climatique. Elle constitue un levier de compétitivité, en réduisant un facteur invisible mais coûteux pour les entreprises.
La qualité de l’air apparaît comme un enjeu stratégique à part entière. Moins de pollution, ce n’est pas seulement moins de maladies : c’est aussi plus d’efficacité, d’innovation et de résilience pour l’économie productive.
Texte : Pauline Bresson
Source : DG Trésor, Éco-Trésor, n° 380, février 2026.