On l’attendait depuis plus de deux ans, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été dévoilée le 12 février 2026 et fait la part belle à l’électricité. Une aubaine pour les entreprises de la région.
Annoncée par le Premier ministre dans le Jura, la PPE3 fixe la feuille de route de la France jusqu’en 2035 : produire davantage d’électricité décarbonée, réduire la consommation de fossiles (de 60 % aujourd’hui à 40 % en 2030), et électrifier massivement les usages dans les domaines des transports, bâtiments, industries, data centers.
Électrifier pour une indépendance énergétique
L’électrification massive de l’économie est au cœur du plan : industrie, bâtiments, data centers, transports… tout passe à l’électricité. Concrètement, cela se traduit par l’ouverture de marchés pour l’installation de pompes à chaleur, le développement de bornes de recharge, mais aussi pour les entreprises capables d’accompagner cette transformation dans les métiers de l’énergie et du numérique.
Le nucléaire repart à la hausse : optimisation des réacteurs existants, prolongation au-delà de 60 ans lorsque la sûreté le permet, et construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires à eau pressurisée (EPR2). Du côté des énergies renouvelables, l’éolien en mer et le solaire sur bâtiments poursuivent leur développement, tandis que l’éolien terrestre et le photovoltaïque au sol progressent plus prudemment. La PPE3 prévoit aussi un soutien à l’hydrogène bas carbone, à la géothermie et aux réseaux de chaleur.
Une stratégie qui se traduit en opportunités concrètes en Bourgogne-Franche-Comté
Annoncée dans le Jura, cadre symbolique, la PPE3 traduit bien la volonté d’un engagement de l’État dans toutes les filières énergétiques, nucléaires comme renouvelables, mais aussi l’importance stratégique de l’hydroélectricité. Souvent sous-estimée, l’hydroélectricité bénéficie d’un plan massif de modernisation des barrages et de STEP, une aubaine pour les territoires comme le Jura ou la Saône-et-Loire, où les infrastructures sont nombreuses et stratégiques.
À Belfort, ce vendredi 13 février, plusieurs ministres accompagnaient Sébastien Lecornu : la ministre de la Transition écologique, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et le ministre délégué chargé de l’Industrie. Leur présence avait un double objectif : détailler les grands axes de la PPE3, et illustrer concrètement l’impact sur les territoires et l’industrie, comme l’usine d’Arabelle Solutions à Belfort, acteur clé de la filière nucléaire.
Filiale d’EDF spécialisée dans la fabrication et le recyclage de turbines nucléaires, l’usine d’Arabelles Solutions va recruter 600 salariés d’ici 2030 et investir 350 millions d’euros pour agrandir ses installations. Ces turbines serviront aux futurs réacteurs nucléaires : un savoir-faire français qui fait tourner aujourd’hui un tiers des centrales nucléaires mondiales.
À Mâcon, Schneider Electric n’est pas en reste. L’entreprise a reçu lundi 16 février le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qui a félicité « un projet emblématique de la reconquête industrielle française ». L’entreprise prévoit en effet la construction d’une nouvelle usine destinée à remplacer l’usine historique, afin de répondre à la croissance des besoins d’électrification en Europe, tout en s’adaptant aux enjeux actuels de décarbonation. 150 créations de postes sont prévues, de quoi soutenir l’emploi local.
En somme, des projets qui illustrent comment la PPE3 peut générer emplois et dynamisme industriel tout en soutenant la souveraineté énergétique. Pour les acteurs de Bourgogne-Franche-Comté, comme ailleurs, c’est le signal que l’énergie décarbonée peut devenir un moteur tangible de croissance locale.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR