On parle beaucoup, ces temps-ci, d’un chef d’entreprise qui se lancerait dans la présidentielle de 2027.
Jouons le jeu : un chef d’entreprise, Président ? Très bien. Voilà mon programme.
Moi, Président,
Je constituerais une Task Force France. Dix-huit femmes et hommes, pas un de plus, réunis autour d’une ambition unique : préparer l’avenir du pays et redonner aux Français l’envie, la confiance et la possibilité de s’épanouir professionnellement, personnellement et familialement.
La composition serait simple, équilibrée, et surtout utile :
3 responsables politiques, 3 préfets, 3 chefs d’entreprise, 3 cheffes d’entreprise,
3 représentants des salariés – privés et fonction publique –,
et 3 acteurs associatifs issus du sport, de la culture et du caritatif.
Tous ensemble, en conclave pendant une semaine, sans caméras ni déclarations, pour regarder la réalité en face :
• comprendre ce qui ne fonctionne plus depuis trente ans,
• analyser une Assemblée fragmentée, une Europe fragilisée, un monde au bord de la rupture,
• identifier nos forces, nos faiblesses et ce qui nourrit cette colère qui gronde partout.
Moi, Président,
Je demanderais pourquoi tant de lois, tant de normes, tant de contraintes pour si peu de résultats. Pourquoi, malgré l’engagement immense des soignants, des enseignants, des retraités du privé, nos systèmes de santé, d’éducation, de retraite vont si mal.
Et si la gouvernance de la Ve République n’était tout simplement plus adaptée au monde qui change, aux territoires qui bougent, aux attentes qui évoluent ?
Moi, Président,
Je mettrais fin à la prolifération des « pôles », « comités stratégiques », « agences » et autres machineries administratives qui coûtent beaucoup et rapportent peu.
À la place, je ciblerais 10 Grands Projets Souverains.
Dix Grands Projets Souverains lisibles, structurants, compris de tous, pour préparer la France aux défis humains, économiques et écologiques des décennies à venir.
Dix Grands Projets Souverains pour retrouver notre audace internationale et notre capacité à entraîner les autres.
Moi, Président,
Je redonnerais vraiment la parole aux Français : référendums clairs, réguliers, à la Suisse.
Je créerais un ministère des Maires et des Territoires – oui, c’est urgent.
Je libérerais l’économie, parce qu’un pays qui réussit économiquement est un pays qui respire.
Je réformerais notre système de rémunération du travail : baisse des impôts de production, allègement des charges, participation aux bénéfices et intéressement doublés pour tous les salariés, dans les petites comme dans les grandes entreprises.
Et évidemment, je durcirais les sanctions pour ceux qui abusent du système, pour ceux qui pourrissent le quotidien, pour ceux qui confondent droits et passe-droits.
Sanctions rapides, comparutions immédiates : efficacité, pas de démagogie.
Moi, Président,
Je choisirais les coalitions plutôt que les petits arrangements.
Je bousculerais une Assemblée nationale dont les comportements – aujourd’hui – nous affaiblissent plus qu’ils ne nous élèvent.
Et surtout, j’arrêterais d’opposer les pauvres aux riches et les riches aux pauvres.
Un pays ne peut rien construire sur la jalousie ou la stigmatisation.
Je demanderais un effort de chacun envers tous :
• sans réussite, pas d’avenir ;
• sans partage, pas de société ;
• sans effort, pas d’unité ;
• sans humanité, pas de cohésion ;
• sans un vivre-ensemble assumé, pas de paix sociale.
Moi, Président,
Je refuserais les promesses hors sol, l’optimisme artificiel et les illusions faciles.
Je proposerais un programme sobre, sérieux, ancré dans notre histoire, et capable, enfin, de nous projeter vers un avenir digne de ce pays qui mérite tellement mieux.
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.