Icône industrielle de la Bourgogne, le Groupe SEB a annoncé un plan d’économies massif pour remédier à une année difficile. La Bourgogne-Franche-Comté devrait être touchée.
Un berceau bourguignon
Difficile de faire plus enraciné. L’histoire de la Société d’Emboutissage de Bourgogne commence en 1857 à Selongey, en Côte-d’Or, dans un atelier de ferblanterie fondé par Antoine Lescure. De génération en génération, la famille structure l’entreprise, mécanise la production, mise sur l’innovation et l’industrialisation à grande échelle. En 1953, la Super Cocotte propulse la marque dans les foyers français et à l’international. Les acquisitions de Tefal, Calor, Rowenta, Moulinex ou encore Supor transforment SEB en groupe puis en leader mondial du petit équipement domestique. Le siège a quitté Selongey pour Écully, près de Lyon, mais l’ADN bourguignon reste fort, notamment à travers les sites industriels historiques de Selongey et d’Is-sur-Tille.
2025, l’année du coup d’arrêt
L’année 2025 a été un vrai trou d’air. La rentabilité plonge : le résultat opérationnel d’activité baisse de 25 %, avec une marge ramenée à 7,4 % contre 9,7 % un an plus tôt. Le cours de l’action, qui tournait autour de 95 euros, chute de plus 40 % en l’espace d’un an.
En cause ? Une combinaison de facteurs : la hausse des droits de douane aux États-Unis, la concurrence, une baisse du pouvoir d’achat et une concurrence accrue, notamment des produits en provenance de la Chine. Le marché va plus vite, et SEB doit accélérer pour lancer ses nouveautés plus rapidement.
« Nous avons connu un accident en 2025 », reconnaît le directeur général, Stanislas de Gramont, qui fixe comme priorité le redressement de la rentabilité.
Plan Rebond : 200 M€ d’économies et 2 100 postes en moins
Objectif : 200 millions d’euros d’économies annuelles d’ici fin 2027. Trois leviers sont activés : réduction des achats indirects, amélioration de l’efficacité industrielle et optimisation des frais de structure. Le groupe veut aussi accélérer sur l’innovation, le digital marketing, les ventes en ligne et l’intelligence artificielle.
La contrepartie est sociale : jusqu’à 2 100 postes supprimés dans le monde, dont 1 400 en Europe et potentiellement 500 en France, uniquement sur la base du volontariat. En Bourgogne-Franche-Comté, ce sont les sites de Selongey et Is-sur-Tille qui sont concernés. À Selongey, berceau historique, une trentaine de postes pourraient disparaître. À Is-sur-Tille, quatre départs à la retraite ne seront pas remplacés. Les deux autres sites de la région, à Til-Châtel et Tournus, ne sont, pour l’heure, pas concernés. Un CSE est prévu le 6 mars, avec la direction et les syndicats du site d’Is-sur-Tille.
Le plan va coûter cher au départ, l’entreprise joue serré : le coût est estimé entre 1 et 1,25 fois les économies annuelles visées. Les premières charges seront inscrites dans les comptes l’an prochain, et les sorties d’argent interviendront surtout l’année suivante. En clair, le Groupe SEB accepte un choc financier à court terme pour alléger durablement sa structure.
Le plan est lancé, reste à voir si le rebond tiendra ses promesses. Le mercredi 25 février, l’action Seb a bondi de 10% dès les premières heures de cotation pour atteindre un pic à 57,9 euros (contre 51,05 euros mardi soir). Ce mercredi 4 mars, l’action est retombée à un peu plus de 47 euros.
Texte : Pauline Bresson
Photo : Wmf. Philippe Desmazes / AFP