C’est le classement de la France en matière de dépôts de brevets parmi les pays européens. L’Hexagone confirme ainsi sa place dans la course à l’innovation, selon le dernier bilan de l’Office européen des brevets (OEB).
L’Europe bien placée
En 2025, plus de 201 000 demandes ont été déposées en Europe, un record. Derrière cette progression, une tendance de fond : l’innovation s’accélère, portée notamment par l’IA, le numérique et les technologies quantiques, des domaines où les innovateurs européens restent bien placés.
La compétition s’accroît à l’international, et les cartes sont rebattues : les États-Unis, toujours premiers déposants, reculent légèrement (-1,6 %), tandis que la Chine et la Corée du Sud continuent de progresser. Résultat : les acteurs non européens représentent désormais 57 % des dépôts.
L’innovation ne se limite plus aux grands groupes : en Europe, 26 % des demandes de brevets proviennent de PME ou d’inventeurs indépendants. Lancé en 2023, le brevet unitaire simplifie l’accès à la protection à l’échelle européenne et gagne ainsi du terrain chez les petites structures.
Les entreprises françaises dans la course
La France conserve sa place de deuxième européen, derrière l’Allemagne, et se hisse à la sixième place du classement mondial (5,4 % de l’ensemble des demandes déposées auprès de l’OEB). Les demandes de brevet françaises font preuve d’une continuité remarquable, avec environ 10 000 dépôts annuels depuis 2016. Une stabilité qui traduit à la fois la solidité du tissu innovant français, et un besoin d’accélération pour rester dans la course face aux puissances extra-européennes.
Au niveau territorial, l’Île-de-France concentre la majorité des demandes de brevet (63,9 % des demandes en 2025) et la Bourgogne-Franche-Comté recule : 83 demandes en 2025 contre 117 en 2024. Un recul qu’il convient de nuancer, car la région enregistrait en 2024 la plus forte progression nationale, avec 18,2 % de plus qu’en 2023.
Plus qu’un outil défensif, le brevet s’impose comme un levier stratégique de développement. En empêchant des tiers d’exploiter économiquement l’invention, le brevet permet à l’innovateur d’en capter les bénéfices, mais il diffuse également l’information technologique qui y est associée. Outre la protection d’une invention, le brevet porte donc un véritable enjeu de visibilité pour l’entreprise : il permet de se signaler sur un marché et ainsi de crédibiliser son expertise et de structurer des partenariats. Breveter c’est donc à la fois se protéger et se manifester.
Le brevet s’impose ainsi incontournable pour se positionner sur le marché.
Texte : Pauline Bresson
Source : EPO Technology Dashboard 2025, mars 2026, Office européen des brevets et palmarès 2025 des déposants de brevets, INPI, 2026