Alors que la moyenne du coefficient de Gini recule légèrement dans l’Union européenne, celui de la France progresse. Une évolution française regrettable eu égard aux inégalités scrutées par le coefficient.
Le coefficient de Gini
Mesurant les inégalités de revenus au sein d’une population, le coefficient de Gini varie de 0 (égalité parfaite) à 100 (une seule personne concentre tous les revenus). Il permet de savoir à quel point les revenus sont répartis de manière équitable ou inégale, et ainsi d’évaluer l’effet de la redistribution, puisqu’il est calculé après impôts et prestations sociales.
En 2024, il augmente en France, alors que sa moyenne dans l’Union européenne diminue. Un basculement discret mais symbolique : longtemps moins, ou tout juste aussi, inégalitaire que la moyenne européenne, la France se situe désormais légèrement au-dessus.
Ainsi, la France se place en 17e position sur les 27 pays de l’UE en termes d’égalité de revenus après redistribution, tandis qu’en 2014, elle était 15e.
Comment expliquer la hausse des inégalités en France
La France demeure pourtant l’un des pays qui redistribue le plus. Impôts progressifs, prestations sociales et aides diverses réduisent fortement les écarts de revenus. Sans ces mécanismes, le coefficient de Gini dépasserait largement 40.
Mais la capacité redistributive du système s’est un peu affaiblie au fil du temps. Certaines évolutions fiscales, la transformation du marché du travail ou la hausse des revenus du capital ont atténué l’effet correcteur. Les allègements fiscaux des quinquennats Macron peuvent également expliquer en partie cette mutation.
Un facteur joue cependant un rôle décisif, souvent oublié dans les comparaisons internationales : les services publics. Éducation, santé, logement social ou encore transports représentent une forme de redistribution indirecte mais très concrète. Si l’on intègre la valeur de ces services dans le niveau de vie des ménages, on peut penser que la position de la France s’améliorerait.
En clair : les inégalités progressent légèrement, mais le modèle français continue d’en amortir largement les effets.
Texte : Zoé Benoit
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