Les 2 et 3 avril 2026, les conseils d’administration de deux organismes régionaux de la Sécurité sociale ont été renouvelés. Ce calendrier quasi simultané a ravivé les rivalités entre organisations patronales.
Nouvelle gouvernance pour l’Urssaf Bourgogne et pour la Carsat BFC
Le 2 avril, les membres du conseil d’administration de l’Urssaf Bourgogne ont élu Sébastien Brenot (CPME) à la présidence. Dirigeant d’Eco-services, l’entrepreneur était déjà membre du conseil d’administration de l’organisme, mais aussi de son conseil départemental et de l’instance départementale d’instruction des recours amiables de Côte-d’Or. Il succède à Gilles Clavel (CPME), désormais deuxième vice-président, tandis que Denis Guvenatam (CGT) devient premier vice-président.
Le lendemain, le 3 avril, le conseil d’administration de la Carsat Bourgogne-Franche-Comté (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail BFC) a également été renouvelé. Éric Beaujean (CGT) conserve la présidence, tandis que Yves Bard (U2P) reste premier vice-président. Joël Ingrao (CFE-CGC) et Emmanuel Houlbert (Medef) succèdent à Caroline Debouvry (CPME) et Michel Moraux (CFDT), respectivement deuxième et troisième vice-présidents.
Paritarisme sous tension
La réélection d’un président issu de la CGT à la tête de la Carsat a fait naître des tensions entre organisations patronales. Le Medef Bourgogne-Franche-Comté attribue à la CPME Bourgogne-Franche-Comté la défaite de son candidat.
Si deux représentants soutenus par la CPME ont été élus à la présidence des conseils d’administration des Urssaf Bourgogne et Franche-Comté, Sébastien Brenot et Christophe Couillerot, respectivement le 2 avril et le 19 mars, le candidat porté par le Medef n’a en effet pas été élu à la tête de la Carsat BFC. Une situation qui a suscité une réaction vive de l’organisation patronale, laquelle dénonce un affaiblissement de la voix des entreprises. Le Medef estime notamment que la CPME n’a pas joué la carte de l’unité en ne soutenant pas son candidat. Pour Fabien Rossignol, président du Medef BFC, c’est le signe que « les deux organisations patronales ne prennent pas le même chemin ».
La CPME BFC rejette pour sa part ces critiques et assume son vote. L’organisation défend une lecture plus large du paritarisme, qui « ne se réduit pas à une opposition binaire entre entreprises et syndicats ». Elle met en avant la cohérence globale des équilibres trouvés dans plusieurs instances régionales et affirme privilégier une gouvernance « constructive et efficace ». Car ces dernières élections montrent que la CPME se place en position de force dans les organismes de protection sociale de la région, avec une présidence au CPSTI (Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants) et à l’Urssaf.
Un conflit qui n’est pas sans rappeler les tensions présentent au national entre Patrick Martin, président du Medef, et Amir Reza-Tofighi, président de la CPME. Mais aussi un rappel que la représentation des entreprises ne passe pas par une seule voix. Si les organisations patronales poursuivent un même objectif de défense des entreprises, leurs approches peuvent varier.
Texte : Pauline Bresson
Photo : LPB/Philippe Bruchot, Urssaf Bourgogne, Carsat BFC.