C’est le nombre d’usines Greentech inaugurées en Bourgogne-Franche-Comté en 2025, selon le nouvel Observatoire des Greentech françaises de Bpifrance. Si les investissements sont plus modestes, l’industrie confirme sa robustesse en la matière.
Derrière l’appellation Greentech, des entreprises qui mettent l’innovation au service du climat. Dans des secteurs aussi variés que l’énergie, l’agriculture, ou l’industrie, ces entreprises s’appuient sur les avancées numériques et scientifiques pour réduire les émissions de CO₂, limiter les pollutions ou encore préserver les ressources naturelles.
Le marché de la Greentech faiblit
En 2025, l’écosystème français des Greentech traverse un net ralentissement financier. Les levées de fonds reculent de 41 % par rapport à 2024 : 1,3 milliard d’euros pour 113 opérations en 2025, contre 2,3 milliards d’euros pour 161 opérations en 2024. Un recul qui confirme un retournement du capital-risque engagé depuis le pic de 2023, mais qui témoigne aussi d’une réorientation des investisseurs vers l’intelligence artificielle et la défense, au détriment d’une partie des projets liés à la transition écologique.
La France n’est toutefois pas une exception. En Europe, la part des greentech dans les levées de fonds est passée de 25 % à 16 %, en un an. Un recul qui tient plus à un ajustement structurel selon Bpifrance : après deux années aux investissements exceptionnellement élevés, la source se tarit. Ce sont surtout les méga‑levées (supérieures à 100 millions d’euros) qui font défaut en 2025 : une seule enregistrée pour tout le territoire français, contre quatre en 2024.
Le marché retrouve ainsi un niveau proche de 2022, mais le nombre des greentech se maintient autour de 2900, grâce à un équilibre entre les cessations d’activités et les créations d’entreprises.
La dynamique industrielle se confirme, une aubaine pour la région
Pour autant, la dynamique industrielle ne faiblit pas. À l’échelle nationale, 46 nouvelles usines Greentech ont été inaugurées en 2025, portant à 162 le nombre de sites ouverts depuis 2022. La Bourgogne-Franche-Comté s’inscrit pleinement dans ce mouvement, avec 4 nouvelles implantations industrielles en 2025.
Dans la Haute-Saône, Purple Alternative Surface propose des dalles en plastique recyclé. Inocel, entreprise grenobloise qui conçoit des piles à combustible basse température, a choisi le Territoire de Belfort pour implanter une usine de production. Du côté de la Nièvre, Losanje mise sur l’upcycling à grande échelle avec la mise en service d’une usine de 2 500 mètres carrés. Le Pavé, quant à lui, continue de se développer : l’entreprise bourguignonne de matériaux recyclés a inauguré une usine robotisée en Saône-et-Loire. Autant d’initiatives qui démontrent l’importance de l’industrie dans les enjeux écologiques.
Car cette performance s’inscrit dans un écosystème largement déconcentré : 70 % des Greentech françaises sont désormais implantées hors Île-de-France, confirmant le rôle croissant des territoires dans la transition industrielle.
Malgré la contraction des financements privés, la filière de l’innovation écologique reste donc structurée autour d’enjeux industriels majeurs. Une logique de passage à l’échelle supérieure, qui s’appuie de plus en plus sur l’implantation d’usines et la production locale.
Texte : Pauline Bresson
Source : 5e Édition de l’Observatoire des Greentech françaises de Bpifrance, avril 2026.