Depuis le mois de mars 2026, les entreprises et professionnels ne peuvent plus payer le fisc par chèque. Une mesure qui s’inscrit dans l’entreprise de dématérialisation amorcée par l’administration fiscale.
Les entreprises en première ligne
Un amendement au budget 2026, voté le 2 février 2026, interdit désormais aux professionnels et entreprises de payer le fisc par chèque. L’obligation de déclarer et payer de manière dématérialisée était déjà très largement applicable à la majorité des impôts des entreprises.
En cause ? Les coûts de traitement. Le paiement des impôts par chèque représente aujourd’hui 4,5 % des paiements mais 30 % des coûts de traitement pour la DGFiP. Celle-ci prévoit également de fermer son dernier centre de traitement des chèques, situé à Rennes.
Une dématérialisation qui rejoint la future obligation de facturation électronique, dès septembre prochain. Un moyen pour les administrations de collecter les données en temps réel, mais aussi l’occasion de réduire le coût de la facturation (environ 10 euros pour une facture papier, contre environ 1 euro pour une facture électronique).
Vers la dématérialisation généralisée
La fin du paiement par chèque pour les entreprises est un premier pas avant la généralisation de la règle pour les particuliers, prévue pour l’automne 2027.
En parallèle s’amorce la dématérialisation par défaut de l’avis d’impôt. L’avis d’impôt sur le revenu ne sera plus envoyé systématiquement en version papier pour les personnes qui déclarent en ligne. L’avis sera consultable en ligne, mais l’option papier reste possible : elle doit désormais être activée volontairement dans l’espace personnel sur le site des impôts, avant le 15 juin 2026. Passé ce délai, l’administration considérera que le contribuable accepte le format numérique, sans envoi postal. Un retour au papier restera toutefois possible pour les années suivantes, sur simple demande.
En 2025, près de 20 millions d’avis d’impôt ont encore été envoyés par courrier, dont 9 millions à des contribuables ayant pourtant déclaré en ligne. Un chiffre qui illustre l’ampleur du changement en cours.
Derrière cette évolution, l’objectif est double : réduire les coûts et simplifier les échanges. Mais elle impose aussi un nouveau réflexe aux contribuables, qui devront davantage surveiller leur espace fiscal en ligne, devenu le point central de leur relation avec l’administration.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR