Le 23 avril 2026, ArcelorMittal a inauguré une nouvelle installation de coulée continue verticale, sur son site Industeel, au Creusot. Montant de l’opération : 52 millions d’euros, dont 12,3 millions apportés par l’État via le plan France 2030.
Un investissement industriel majeur pour ce site historique de la sidérurgie française, qui emploie près de 840 salariés. Et un équipement qui ne passe pas inaperçu : une installation de 45 mètres de haut, fruit de plus de deux ans de travaux et de 175 000 heures de chantier. Mais derrière l’image spectaculaire, l’enjeu est très concret : compétitivité et décarbonation.
Décarbonation et indépendance
La sidérurgie reste l’un des secteurs industriels les plus énergivores. Grâce à cette nouvelle technologie, le site Industeel peut désormais produire des brames d’acier plus fines en supprimant une étape intermédiaire de laminage. À la clé : une production plus rapide, moins d’énergie consommée, et environ 10 % d’émissions de CO₂ en moins pour le site.
Un projet qui s’inscrit pleinement dans l’ambition de décarbonation du site : délaisser le gaz au profit de l’électricité pour ses besoins énergétiques.
« L’industrie, c’est l’avenir de ce pays et de ce territoire. Cet investissement vient renforcer la souveraineté industrielle du pays. L’acier décarboné, c’est de l’indépendance. On utilise de l’électricité qui provient de nos centrales nucléaires »
Sébastien Martin, ministre délégué à l’industrie, présent lors de l’inauguration.
Des ambitions qui s’inscrivent aussi dans un contexte politique européen en pleine évolution. Après la présentation d’un plan acier en 2025, l’Union européenne avance vers un renforcement des droits de douane sur les importations d’acier étranger. Bruxelles a annoncé le 14 avril 2026 un accord qui prévoit de faire passer ces droits de douane de 25 % à 50 %, et de réduire le volume d’acier dispensé de surtaxes. Un accord qui doit encore être ratifié par le Parlement européen et le Conseil européen.
Dans ce contexte, la sécurisation de la production d’acier en France apparaît d’autant plus stratégique.
Une montée en compétitivité
La technologie reste en effet rare : seules quelques aciéries dans le monde disposent d’un équipement comparable. Jusqu’ici, l’aciérie creusotine ne disposait que d’une seule voie de production, la coulée en lingotières. Désormais, deux procédés cohabitent pour gagner en performance.
Déjà positionné sur l’automobile ou la défense, le site creusotin pourra produire davantage d’aciers inoxydables ou d’alliages complexes, notamment pour les secteurs de l’énergie, du nucléaire et de la transition énergétique.
Avec cette modernisation, Le Creusot confirme son statut de spécialiste des aciers spéciaux, fort de près de deux siècles d’histoire industrielle.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Arcelor Mittal