Pendant que certains pays renforcent leurs aides à l’innovation, la France s’interroge encore sur l’opportunité de les réduire. Pendant que d’autres soutiennent massivement leurs industries stratégiques, nous envisageons de surtaxer certains de nos grands groupes familiaux et internationaux, pourtant parmi les plus innovants et performants au monde.
Pendant que la compétition mondiale s’accélère, nombre de nos start-up peinent encore à trouver les financements nécessaires pour passer un cap. Beaucoup risquent de disparaître dans les deux ans qui viennent. D’autres choisiront simplement de quitter la France.
Nous célébrons la French Tech, la Deep Tech, l’innovation française. Nous multiplions les slogans, les événements, les discours. Mais trop souvent, les moyens ne suivent pas. Nous avons créé des comités, des filières, des instances stratégiques. Très bien. Mais que valent les recommandations si elles restent lettre morte ?
Alors une question se pose : où est passée cette France innovante, audacieuse, rayonnante, capable de surprendre le monde ?
Le constat est sévère, mais il faut parfois appeler les choses par leur nom : la France a la tête dans le seau. Plombée par les zigzags permanents, les changements de cap successifs, les hésitations et parfois l’absence de vision, elle nous démontre par la force des choses que la culture de l’innovation ne se décrète pas un lundi matin au détour d’un communiqué.
Elle se construit.
Elle s’anime.
Elle se transmet.
Elle se diffuse.
Elle se nourrit chaque jour, année après année.
Je vous laisse juger ce proverbe du Haut-Jura, où l’on disait simplement :
Il y a ceux qui disent, et il y a ceux qui font.
Ceux qui disent parlent bien et font peu.
Ceux qui font parlent moins et font bien.
L’innovation n’appartient ni aux élites, ni à quelques cercles fermés. Elle peut naître partout : dans une usine, un atelier, une PME, un commerce, un laboratoire, une exploitation agricole, un garage ou une salle de classe, mais nous restons paralysés par trois phrases que l’on entend trop souvent :
« C’est déjà fait. »
« Tu vas te planter. »
« Réfléchis bien. »
À force de prudence, nous finissons parfois par renoncer avant même d’avoir commencé. Il est temps de se réveiller. Ne laissons pas partir nos talents, nos idées, nos ambitions. Reprenons la main. Remettons au cœur de notre action la création, l’innovation et l’envie d’entreprendre.
C’est précisément ce que je vous présenterai prochainement avec Les Tremplins de l’Audace.
Et cette fois, je compte sur vous.
À la semaine prochaine !
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel