C’est désormais la part des exportations dans le marché du vin français. Longtemps porté par son marché intérieur, le vin français regarde de plus en plus vers l’international. Les dernières données publiées par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) le confirment : la consommation nationale recule, tandis que l’export s’impose comme un pilier stratégique pour la filière.
En trente ans, la consommation de vin en France a nettement diminué. Elle est passée de 36,5 millions d’hectolitres en 1995 à un peu moins de 22 millions en 2025, soit une baisse proche de 40 % en 30 ans. Dans le même temps, les volumes exportés ont beaucoup moins reculé : 11,5 millions d’hectolitres en 1995 contre 12,5 millions en 2025. Résultat, le rapport de force évolue. Le volume de vin exporté se hausse petit à petit au rang du vin consommé dans le marché français, signe que l’équilibre économique du secteur repose de plus en plus sur les débouchés internationaux.
Un mouvement qui s’inscrit dans un contexte mondial lui aussi en pleine mutation. Dans sa dernière note de conjoncture, l’OIV souligne que la consommation mondiale de vin a encore reculé en 2025, sous l’effet conjugué de la pression économique sur les ménages et de l’évolution des habitudes de consommation dans les marchés matures.
Le commerce international du vin a marqué le pas en 2025. Les exportations mondiales ont reculé à 94,8 millions d’hectolitres (-4,7 %), tandis que leur valeur est tombée à 33,8 milliards d’euros (-6,7 %), notamment en raison des tensions commerciales et des politiques tarifaires. La France tire son épingle du jeu : ses exportations restent stables, oscillant entre les 12 000 000 et 13 000 000 hectolitres chaque année.
Dans ce contexte, les producteurs français sont appelés à composer avec un marché intérieur en recul et un environnement international plus incertain. Une nouvelle donne qui redessine progressivement l’économie du vin, fortement ancrée en Bourgogne-Franche-Comté.
Texte : Zoé Benoit