C’est la part des sols artificialisés en Bourgogne-Franche-Comté en 2021, contre 8,7 % en moyenne en France. La région reste donc moins urbanisée que l’ensemble du territoire national.
Sols artificialisés, des disparités entre espaces ruraux et urbains
Est considéré comme artificialisé un sol dont les fonctions naturelles sont durablement altérées par l’activité humaine. Concrètement, cela inclut les surfaces bâties, les routes et parkings, les sols stabilisés ou compactés, mais aussi certaines surfaces végétalisées liées à des usages urbains, comme les pelouses autour des habitations ou des entreprises.
À l’échelle nationale, ces surfaces représentent près d’un dixième du territoire : 48 000 km², soit un espace un peu plus vaste que la Bourgogne-Franche-Comté. Dans cet ensemble, les surfaces artificialisées imperméables restent limitées : 4 % du territoire, dont 2 % pour les infrastructures routières et 2 % pour les bâtiments.
Le bâti, des disparités d’usages entre espaces ruraux et urbains
Parmi les surfaces bâties, près de 60 % sont consacrées à l’habitat individuel. Ce chiffre rappelle le poids du pavillonnaire dans l’urbanisation française et son rôle dans la consommation d’espace.

La composition du bâti varie fortement selon la densité des territoires. À mesure que la densité des communes diminue, la part du bâti résidentiel individuel et du bâti primaire augmente, tandis que celle du résidentiel collectif et du bâti tertiaire diminue.
Ces différences d’occupation du bâti contribuent à expliquer les écarts d’artificialisation entre territoires.
La Bourgogne-Franche-Comté, une des régions les moins artificialisées
Dans ce contexte, la Bourgogne-Franche-Comté se distingue par un niveau d’artificialisation relativement faible. Dans la plupart des départements, moins de 8 % des sols sont artificialisés.
Après la Corse, la Bourgogne-Franche-Comté présente même le taux de surfaces artificialisées le plus faible parmi les régions françaises. Cette situation s’explique en grande partie par la faible densité de population régionale, parmi les plus basses de France.
Si elle comporte quelques pôles urbains de forte densité comme Dijon, Besançon ou Belfort, ceux-ci sont relativement isolés les uns des autres et restent moins denses que les plus grandes villes voisines : 3 958 hab./km² à Dijon contre 10 878 hab./km² à Lyon par exemple.
La région compte donc davantage de communes rurales et de petites villes, où l’artificialisation des sols reste plus limitée que dans les grands centres urbains. En effet, si la majorité des sols sont artificialisés dans les grands centre urbains (56 %), seuls 16 % de la surface des petites villes est artificialisée, et encore moins dans les communes rurales (6 %).
Cette situation relativement favorable ne doit toutefois pas masquer les évolutions à venir : la loi Climat et Résilience fixe l’objectif de zéro artificialisation nette des sols en 2050. Dans chaque région, la première étape est de réduire de moitié la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente. En d’autres termes, quand bien même la région est bien positionnée en termes de taux d’artificialisation des sols, elle n’est pas exempte d’améliorations.
Pour les collectivités comme pour les entreprises, l’enjeu sera donc de développer l’activité tout en limitant l’extension des surfaces urbanisées.
Texte : Pauline Bresson