En Bourgogne-Franche-Comté, les fleuristes, jardineries et animaleries reposent presque exclusivement sur de très petites structures. Plus de 9 entreprises sur 10 sont des microentreprises, contre un peu plus de 7 sur 10 dans l’ensemble du commerce de détail en magasin spécialisé (hors alimentaire et carburant). Les PME, ETI et grandes entreprises y sont donc nettement moins présentes, ce qui témoigne d’un modèle économique très spécifique.
La région compte près de 800 établissements dans ce secteur, qui emploient environ 2 000 salariés. Ce tissu économique discret mais bien ancré dans les territoires repose majoritairement sur des entrepreneurs indépendants, et sur un modèle économique spécifique.
Un secteur dominé par les microentreprises
Cette forte présence de microentreprises distingue même le secteur du reste du commerce spécialisé. Si le commerce spécialisé compte près de 70 % de microentreprises dans la région, elles dépassent les 90 % lorsqu’il s’agit des fleuristes, jardineries et animaleries.
À l’échelle nationale, cette structure du tissu d’entreprises influence aussi la rentabilité du secteur. Celle-ci est surtout portée par les microentreprises : 15,5 % de rentabilité, contre moins de 7 % pour les PME et ETI du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries. Cette différence s’explique en partie par le fonctionnement même des microentreprises : leur bénéfice inclut à la fois la rémunération du capital et celle du travail de l’entrepreneur.
Les écarts sont cependant bien moins marqués dans l’ensemble du commerce de détail en magasin spécialisé (non alimentaire et hors carburant), où les entreprises oscillent autour des 10 % de rentabilité, peu important leur taille.
Des marges élevées mais des coûts importants
Au-delà du niveau régional, le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries se distingue aussi à l’échelle nationale dans le commerce de détail spécialisé. Le secteur repose en effet sur un modèle économique singulier.
Le taux de valeur ajoutée et le taux de marge commerciale y sont plus élevés que dans l’ensemble du commerce de détail spécialisé. Cela tient notamment à l’écart entre prix d’achat et prix de vente, lié aux améliorations apportées aux produits lors de leur commercialisation : soins aux animaux, entretien des plantes ou confection de bouquets.
Ces activités nécessitent toutefois davantage de main-d’œuvre. La part des frais de personnel y est donc plus élevée, ce qui pèse sur le taux de marge, l’un des plus faibles parmi les secteurs du commerce de détail.
Si les marges commerciales sont relativement élevées, elles permettent donc surtout de compenser ces coûts d’exploitation plus importants que dans certains secteurs proches.
À cela s’ajoutent les contraintes d’une activité saisonnière, concentrée au printemps. L’anticipation des approvisionnements mobilise de la trésorerie avant la réalisation des ventes et nécessite un fonds de roulement important.
Pour ces commerces largement indépendants, l’enjeu dépasse la seule saison des ventes : entre gestion des stocks, coûts de personnel et aléas climatiques, le printemps reste souvent le moment où se joue une grande partie de l’année.
Texte : Zoé Benoit