Alors que le malus est en passe de croître au 1er juillet 2026, on fait le point sur les réformes, passées et à venir, qui augmentent progressivement le coût des véhicules professionnels, à l’achat comme à l’usage. Si la flotte électrique est moins touchée, elle n’en est pas pour autant épargnée.
Durcissement des malus à l’achat
Depuis 2026, le seuil du malus au poids est abaissé de 1 600 kg à 1 500 kg. Résultat : davantage de véhicules hybrides et de SUV sont désormais taxés.
Certains modèles peuvent même cumuler malus CO₂ et malus au poids : un SUV hybride rechargeable neuf pourrait être doublement pénalisé à l’achat. Une hausse qui touche directement les entreprises qui renouvellent leur flotte ou leur véhicule de société.
Les véhicules électriques restent avantagés, mais les règles évoluent aussi. Jusqu’au 30 juin 2026, ils restent exonérés de la taxe au poids. À partir du 1er juillet 2026, ils bénéficieront d’un abattement de 600 kg sur le poids retenu pour le calcul.
Hausse progressive du coût de possession des véhicules
Deux réformes entamées en 2025 augmentent sensiblement le coût tant des véhicules de société que des véhicules de fonction.
Mise en place en 2025, la hausse progressive de la taxe sur les véhicules de société (désormais appelée taxe sur l’affectation des véhicules à des fins économiques) se poursuit. Les SAS, SARL, EURL ou SASU utilisant des véhicules de tourisme (destinés à transporter des personnes et leurs bagages) thermiques ou hybrides sont concernées. En 2026, la taxe sur les véhicules Crit’Air 1 et hybrides passe à 130 euros par an, contre 100 euros en 2025. Pour les véhicules les plus polluants, elle grimpera à 650 euros en 2026 puis à 800 euros en 2027.
Les entrepreneurs individuels et certaines professions libérales échappent cependant encore à cette taxe pour leurs véhicules personnels utilisés dans le cadre professionnel.
Catégorisés Crit’Air “E”, les véhicules fonctionnant exclusivement à l’électricité ou à l’hydrogène restent exonérés.
Depuis février 2025, les règles sur les avantages en nature ont aussi changé. Le nouveau calcul du barème a doublé les charges patronales et salariales liées aux voitures de fonction.
Les véhicules électriques assemblés en Europe conservent un avantage non négligeable avec un abattement de 70 %, plafonné à 4 582 euros par an.
Les utilitaires avantagés
Bonne nouvelle pour les artisans et entreprises utilisant des fourgons : les véhicules utilitaires sont largement épargnés par ces hausses. Ils restent exonérés de plusieurs taxes et permettent toujours de récupérer la TVA sur l’achat, l’entretien et le carburant.
Les utilitaires électriques bénéficient aussi d’aides spécifiques, même si le montant des primes CEE doit évoluer dès juin 2026 avec des critères liés au poids du véhicule et à l’éco-score (véhicule assemblé en Europe). La prime devrait baisser pour les petits fourgons, mais augmenter pour les utilitaires de taille moyenne à grande.
En somme, les différences de traitement entre thermique, hybride, électrique et utilitaire continuent de se creuser, et invitent les entreprises à faire évoluer leur flotte.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR