Derrière le maintien de la France à la première place européenne des destinations d’investissements étrangers (IDE), le ralentissement est bien visible. La Bourgogne-Franche-Comté subit à son tour le recul des projets industriels, notamment dans ses filières historiques.
Une première place au goût amer
Sur le papier, la performance française semble admirable : en 2025, la France reste la première destination européenne pour les investissements étrangers, pour la septième année consécutive. Une première place qui s’appuie sur des atouts notables : taille du marché intérieur, qualité des infrastructures, capacité d’innovation, main-d’œuvre qualifiée et accès à une énergie bas-carbone.
Mais, derrière la façade, les investissements étrangers en France reculent de 17 % en un an, subissant comme ses voisins européens un contexte international complexe. En cause notamment, une baisse des investissements américains dans l’Hexagone, qui représentent près d’un cinquième dans les IDE en France. Le nombre d’IDE portés par des entreprises américaines en France diminue de 14 % entre 2024 et 2025, retombant à un niveau inédit depuis 10 ans.
Le secteur industriel particulièrement touché
Certains secteurs subissent plus que d’autres, et l’industrie en fait partie. Les industriels étrangers n’ont jamais été aussi peu nombreux à investir en France qu’en 2025, enregistrant une baisse de près de 15 % en un an. Autre facteur significatif : le solde entre emplois industriels créés et détruits ne cesse de se réduire. Il enregistre une baisse de 60 % entre 2024 et 2025, passant de 3992 à 1376.
Parmi les filières les plus touchées, des filières historiques de la BFC : au national, l’automobile et la métallurgie enregistrent respectivement un recul de 46 % et 34 % des projets d’IDE entre 2025 et 2024.
La Bourgogne-Franche-Comté subit
Fortement industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté fait donc partie des régions où le ralentissement des investissements industriels a pesé sur les résultats de 2025. Le recul des projets manufacturiers touche particulièrement plusieurs filières historiques de la région, comme l’automobile ou la métallurgie, confrontées à la hausse des coûts de production et à une concurrence internationale plus forte.
La Bourgogne-Franche-Comté a attiré 33 projets d’investissements directs étrangers (IDE) en 2025, générant près de 737 emplois. Des chiffres en baisse par rapport à l’année précédente, où la région avait accueilli 47 projets générant plus de 1 500 emplois.
Sans avoir jamais figuré parmi les principales régions d’accueil des IDE, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre toutefois un recul par rapport aux années précédentes dans le classement des régions. En 2025, elle représente 4 % des projets et 3 % des emplois associés en France, contre 5 % en 2024.
Si la France conserve des atouts structurels reconnus par les investisseurs internationaux, le ralentissement des projets industriels rappelle la fragilité du contexte actuel. Pour des régions industrielles comme la Bourgogne-Franche-Comté, la question devient autant celle de l’attractivité que celle du maintien durable des capacités de production et de l’emploi.
Texte : Zoé Benoit
Source : “L’Europe à l’épreuve. La France à l’heure des choix”, Baromètre 2026 de l’Attractivité de la France, Ernst & Young Advisory, 21 mai 2026.