La hiérarchie des grandes filières agricoles semble se stabiliser : la viticulture reste en tête, devant l’élevage bovin, le lait et les céréales. Derrière cette apparente continuité, l’agriculture régionale connaît des transformations profondes qui redessinent progressivement son modèle économique.
Une agriculture qui se transforme
La Bourgogne-Franche-Comté comptait 30 100 exploitations agricoles en 2010 ; elle n’en recense plus que 21 900 aujourd’hui. Une baisse de près de 27 % qui pourrait laisser croire à un affaiblissement du secteur.
Au contraire, l’agriculture se concentre plus qu’elle ne se replie. Car dans le même temps, les exploitations se sont agrandies : leur surface moyenne est passée de 81 à 111 hectares, faisant de la Bourgogne-Franche-Comté l’une des régions où les fermes sont les plus vastes de France.
Surtout, l’agriculture régionale continue de créer de la valeur. Après avoir progressé de 5,1 milliards d’euros en 2019 à un record de 7 milliards en 2022, le produit brut dégagé par l’agriculture régionale s’établit encore à 6 milliards d’euros en 2024. Un niveau certes inférieur aux deux années précédentes, mais largement supérieur à celui observé avant la flambée des prix agricoles du début de décennie.
L’agriculture représente 4,3 % de la valeur ajoutée produite en Bourgogne-Franche-Comté, contre 2,6 % en moyenne nationale.
La viticulture, locomotive de l’économie régionale
Avec près de 1,5 milliard d’euros de produits bruts en 2024, les vins d’appellation devancent les céréales, le lait et l’élevage bovin. Une performance qui confirme le poids économique du vignoble régional, alors même que celui-ci n’occupe qu’environ 1 % de la surface du territoire.
Cette domination ne doit toutefois pas masquer la forte volatilité de la filière. Les aléas climatiques, les évolutions des marchés internationaux et les changements de consommation peuvent faire varier fortement les résultats d’une année à l’autre. En 2024, la valeur de la production viticole est ainsi revenue à 1,5 milliard d’euros, contre plus de 2 milliards deux ans plus tôt.
Le défi de la transmission
Derrière cette solidité économique, le problème du renouvellement des générations. Entre 2019 et 2024, la région a perdu 1 800 chefs d’exploitation. Le taux de remplacement atteint seulement 69 %, ce qui signifie qu’environ un agriculteur sur trois quittant la profession n’est pas remplacé.
Les écarts sont importants selon les productions. Dans l’élevage bovin viande, à peine un départ sur trois trouve un successeur. À l’inverse, certaines zones du Doubs et du Jura affichent des taux de remplacement supérieurs à 100 %, portées notamment par le dynamisme de la filière Comté.
Moins nombreuses, plus grandes, plus spécialisées et toujours créatrices de valeur : les exploitations agricoles de Bourgogne-Franche-Comté poursuivent leur transformation. Avec, en toile de fond, la question de la passation.
Texte : Zoé Benoit
Source : Observatoire prospectif de l’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté, résultats 2025. https://draaf.bourgogne-franche-comte.agriculture.gouv.fr/observatoire-prospectif-de-l-agriculture-bourgogne-franche-comte-resultats-2025-a3768.html