Près d’un an après la pose de la première pierre, la centrale photovoltaïque de la Grisière a été inaugurée. L’installation de 8 500 panneaux solaires à très bas bilan carbone dépasse l’enjeu environnemental grâce au projet d’autoconsommation collective qui y est associé.
Revaloriser une friche à l’abandon
Fermée il y a plus de 30 ans, l’ancienne décharge de La Grisière accueille aujourd’hui une centrale d’énergie des plus performantes.
C’est en 2020 que débute l’histoire, avec le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par la Ville de Mâcon, que remporte la Société Monégasque de l’Électricité et du Gaz (SMEG). Après plus de deux ans d’études environnementales et paysagères, et de conception technique, le permis de construire est accordé courant 2023. S’en suivent défrichage et sécurisation du site, avant le lancement officiel de la construction en juin 2025.
Le 16 juin 2025, Jean-Patrick Courtois, Maire de Mâcon, et Olivier Marchand, Directeur Énergies Renouvelables du Groupe SMEG, étaient réunis pour le lancement de la centrale. 5,4 hectares permettent désormais de produire 7,8 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 1800 foyers.
Mais ce ne sont pas tant ses performances techniques qui distinguent la centrale de la Grisière.
Le partage unique, modèle d’écosystème à (pas si) petite échelle
Cette nouvelle centrale mise sur un modèle encore original : celui du partage unique, qui rassemble autoconsommation collective, épargne populaire et économie locale. Le maître-mot, c’est le territoire : le projet est pensé par et pour les acteurs locaux. Si le chantier a mobilisé l’économie de proximité en s’appuyant sur la réinsertion professionnelle, le financement participatif a mobilisé les habitants grâce à un placement atteignant 7 % de rentabilité.
Mais ce qu’on retient particulièrement, c’est l’autoconsommation collective : sur les 6 MWc de puissance de la centrale, 1 MWc est en effet réservé au circuit court. Dans un rayon de deux kilomètres, les habitants, entreprises et bâtiments publics peuvent bénéficier de cette électricité verte, et à un tarif compétitif. La centrale devrait ainsi alimenter entre 20 % et 30 % de la consommation des foyers individuels dans son rayon.
Parmi les grands clients de la centrale photovoltaïque, le centre hospitalier de Mâcon a négocié un contrat de dix ans. De quoi se mettre à l’abri des fluctuations du cours de l’électricité : une belle économie à la clef pour l’hôpital, une consommation régulière et homogène pour la centrale (l’hôpital fonctionnant sans interruption), c’est gagnant-gagnant. “C’est aussi notre rôle d’acheteur public de favoriser le local”, souligne Frédéric Durrancs, directeur achats logistique.
En bref, un projet qui montre que la transition environnementale a tout à gagner à se penser à l’échelle humaine. À Mâcon, ce n’est que le début : Smeg n’écarte pas la possibilité d’augmenter la part de 1MWc d’autoconsommation en installant de nouveaux modules.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Smeg