C’est le nombre d’emplois intérimaires créés en Bourgogne-Franche-Comté au premier trimestre 2026, pendant que 680 emplois permanents disparaissent. Un chiffre modeste, mais symbolique : alors que l’emploi salarié privé continue de reculer, les entreprises recommencent timidement à faire appel à l’intérim.
L’intérim, traditionnelle variable d’ajustement
Le contraste est saisissant. Sur le même trimestre, la région a perdu 680 emplois permanents, soit un recul total de 580 salariés malgré les créations dans l’intérim.
Ce recours progressif au travail temporaire traduit une stratégie bien connue en période d’incertitude : l’intérim permet d’absorber un regain ponctuel d’activité sans alourdir immédiatement la masse salariale. Les entreprises ne gèlent donc pas totalement leurs recrutements ; elles attendent simplement des perspectives plus solides avant de transformer ces missions en emplois pérennes.
Une économie qui reste sous pression
Car derrière ce léger rebond, la situation demeure fragile. En un an, la Bourgogne-Franche-Comté a perdu 3 720 emplois salariés privés, une baisse plus marquée qu’au national (-0,5 % contre -0,2 %). Aucun grand secteur n’échappe au ralentissement. Le commerce est le plus touché avec 1 450 emplois supprimés, devant l’industrie (-1 180), la construction (-570) et les services (-420).
Quelques signaux positifs apparaissent néanmoins. Dans l’industrie, les 140 emplois intérimaires créés en un an compensent presque les pertes enregistrées sur les postes permanents. À l’inverse, dans le commerce, même le recours à l’intérim ne suffit plus à enrayer la baisse des effectifs.
Plus qu’un retournement de tendance, cette centaine d’emplois intérimaires illustre donc un changement d’attitude : les entreprises recommencent à bouger, mais restent prudentes. Les recrutements redémarrent, à petits pas.
Texte : Zoé Benoit
Source : “Emploi salarié privé : une baisse qui touche tous les secteurs”, Stat’UR BFC n°63, Urssaf BFC, juin 2026.