Allons-nous accepter encore longtemps le déclin de la France sans réagir ?
Moi, non.
Je ne peux pas me résoudre à voir mon pays perdre, année après année, une partie de sa puissance, de son attractivité et de son rayonnement.
On peut critiquer autant que l’on veut Choose France ou Emmanuel Macron, mais une chose est difficile à contester : cette initiative attire des investissements, crée des emplois et contribue à maintenir la France dans la compétition mondiale. La vraie question est peut-être ailleurs.
Que proposent concrètement ceux qui critiquent ? Qu’ont-ils construit ? Quelles solutions mettent-ils sur la table ? Le débat gagnerait à quitter les plateaux de télévision pour revenir sur le terrain, car le terrain, lui, ne ment pas.
Nos journalistes prennent-ils encore suffisamment le temps de l’arpenter ? De rencontrer celles et ceux qui produisent, innovent, recrutent et exportent ? D’écouter toutes les sensibilités avec le même équilibre ?
Même notre balance commerciale agricole est désormais passée dans le rouge. Pour un pays comme la France, c’est un signal extrêmement préoccupant. Je me souviens d’une époque où notre agriculture dégageait plusieurs milliards d’euros d’excédent commercial. Aujourd’hui, nos agriculteurs, nos éleveurs et une grande partie de notre industrie agroalimentaire traversent une période particulièrement difficile. À cela s’ajoute une guerre des prix qui fragilise toute une filière : producteurs, industriels, distributeurs… Au bout de la chaîne, c’est souvent la qualité, l’emploi et le pouvoir d’investissement qui en pâtissent.
Nous parlons beaucoup de souveraineté, d’écologie, de réindustrialisation. Les intentions sont bonnes, mais une ambition sans moyens reste une ambition.
Nous débattons. Nous analysons. Nous créons des commissions, des rapports, des consultations. Pendant ce temps, le temps passe. Les chiffres, eux, sont têtus, et ils montrent que plusieurs orientations prises ces dernières années peinent à produire les résultats attendus.
En entreprise, une telle situation impose une réaction immédiate. On réunit les équipes. On remet les certitudes en question. On prend des décisions. On agit. Car lorsqu’une entreprise refuse de voir la réalité, elle finit par disparaître. Pourquoi ne pas appliquer cette même exigence à l’action publique ?
Malgré les difficultés, je reste convaincu que la France possède des atouts extraordinaires : ses territoires, ses savoir-faire, ses chercheurs, ses agriculteurs, ses industriels… et surtout ses entrepreneurs.
Des femmes et des hommes qui continuent d’investir, d’innover et de créer de l’emploi malgré les vents contraires.
Je terminerai donc par un message d’espoir : vive les entrepreneurs !
Et puisque les femmes sont chaque année plus nombreuses à entreprendre, à créer et à diriger avec talent… Vive les entrepreneures !
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel