À un moment où les Français doutent…
À un moment où certaines décisions prises au plus haut niveau interrogent…
À un moment où les extrêmes prospèrent sur les colères et les fractures…
À un moment où notre pays semble hésiter sur la direction à prendre…
Le terrain, lui, continue d’avancer. Des femmes et des hommes entreprennent, recrutent, innovent et cherchent des solutions concrètes pour sortir la France de l’ornière.
Car une chose est certaine : notre modèle social, notre système de santé, notre école, nos retraites et, plus largement, nos équilibres financiers sont sous tension.
Continuer comme aujourd’hui n’est plus une option. Ma proposition est volontairement simple.
Elle tiendra sans doute en une seule idée : un effort partagé de 2 % pendant deux ans.
Deux années d’efforts pour redonner de l’oxygène à notre pays.
Deux années pour éviter que les générations futures ne paient le prix de notre immobilisme.
Deux années pour retrouver des marges de manœuvre.
Concrètement, je proposerais :
- – une augmentation de 2 % de l’impôt sur les sociétés pendant deux ans ;
- – une hausse de 2 % de la flat tax sur la même période .
- – une hausse de 2 % de la TVA, en excluant les produits de première nécessité ;
- – un doublement exceptionnel de l’intéressement et de la participation afin que les salariés bénéficient directement de l’effort collectif et de la création de richesse ;
- – un SMIC net porté à 1 600 euros grâce à une baisse des charges ;
- – une réforme de l’assurance chômage avec une dégressivité renforcée après six mois et un plafonnement des indemnités les plus élevées ;
- – un gel de l’indexation des retraites pendant deux ans ;
- – un gel des dépenses de fonctionnement des ministères, hors défense et santé ;
- – un gel des dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales et des administrations pendant deux ans.
Je sais que certaines de ces propositions feront débat, mais je préfère un effort partagé, temporaire et assumé à une lente dégradation de nos finances publiques qui finirait par imposer des sacrifices bien plus douloureux.
La Grèce nous a montré qu’un pays peut basculer plus vite qu’on ne l’imagine.
Nous avons encore le choix. Celui d’agir maintenant… ou de subir demain.
Deux ans d’efforts pour préserver notre système de santé, nos retraites, notre école, notre souveraineté économique et l’avenir de nos enfants.
Est-ce impossible ? Je ne le crois pas.
Est-ce indispensable ? À vous d’en juger.
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel