Les épisodes orageux récents ont remis la gestion des eaux pluviales au premier plan. À Héricourt, Purple Alternative Surface développe justement des dalles perméables capables de laisser l’eau s’infiltrer là où elle tombe. Pour accompagner son passage à l’échelle, Batifranc vient d’investir dans son outil industriel.
Batifranc prend les murs
La société régionale de financement a acquis l’usine de 1 000 m² occupée par Purple à Héricourt et prévoit près de 800 000 euros de travaux pour la remettre aux normes. Le montage prend la forme d’une location avec option d’achat : pendant quinze ans, Purple Alternative Surface versera un loyer sans immobiliser ses capitaux, avant de pouvoir racheter le site pour un euro.
Pour cette start-up industrielle, qui a déjà investi près de 10 millions d’euros dans ses moules et ses presses, l’opération permet de concentrer ses moyens sur la production et le développement commercial.
Du plastique difficile à recycler sous les parkings
Créée en 2021, Purple Alternative Surface transforme des déchets plastiques peu ou pas valorisés en dalles destinées aux parkings et aux voies de mobilité douce. L’intérêt est double : on évite d’enfouir ou d’incinérer des déchets tout en limitant l’imperméabilisation des sols. Des bénéfices multiples pour la santé des sols donc : les plastiques ainsi recyclés ne polluent pas les sols, tandis que l’eau peut traverser la dalle pour rejoindre les nappes phréatiques.
Les dalles peuvent absorber jusqu’à 350 litres d’eau par minute et par mètre carré. Leur procédé de fabrication évite par ailleurs une étape intermédiaire de transformation du plastique, ce qui réduit la consommation d’énergie.
Mais surtout, ce recyclage du plastique vaut à Purple un bilan carbone négatif : – 3,35 kg de CO₂ par mètre carré produit, contre 11 à 12 kg de CO₂ pour un revêtement en enrobé. Chaque dalle posée retire donc des déchets plastiques de la nature.
Une usine appelée à monter en puissance
Purple Alternative Surface vise une capacité de 300 000 m² de dalles par an en 2029, soit 7 500 tonnes de déchets plastiques valorisés. En 2026, l’entreprise prévoit d’en produire 80 000 m² et d’atteindre 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Elle emploie aujourd’hui 23 salariés, auxquels s’ajoutent une vingtaine d’emplois indirects chez ses partenaires chargés de collecter et de broyer la matière plastique.
En retirant l’immobilier de l’équation, Batifranc permet à Purple de concentrer ses ressources sur l’essentiel : ce sont autant de capitaux qui pourront être consacrés au développement de l’entreprise.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Purple Alternative Surface