Il faudra attendre les bouteilles pour trancher, mais le millésime 2026 s’annonce déjà hors normes. En Bourgogne-Franche-Comté, les sécateurs s’activent depuis le 8 août, des récoltes particulièrement précoces. En cause : les fortes chaleurs et le stress hydrique qui ont accéléré la maturation.
Moins de quantité, mais de belles promesses dans les cuves
La précocité n’est pas forcément synonyme de mauvaise année. Bien au contraire. Dans le vignoble bourguignon, les raisins sont annoncés particulièrement sains, avec une qualité qui pourrait être au rendez-vous.
Le temps chaud et sec a limité le développement des maladies, tandis que les vendanges précoces permettent de récolter au bon moment, avant que le degré d’alcool ne déséquilibre les vins.
« On sera sur du Bourgogne d’année chaude », résume Sylvain Naulin, directeur général du Comité Bourgogne. Les vins devraient être plus riches que la moyenne, tout en conservant une acidité suffisante pour préserver leur équilibre.
Côté volumes, en revanche, l’incertitude demeure. Le Comité Bourgogne anticipe une récolte relativement faible, sans encore pouvoir en mesurer précisément l’ampleur. Les jeunes vignes ont davantage souffert de la chaleur et du manque d’eau, avec des grappes plus petites et moins nombreuses. D’autres parcelles sont en revanche bien portantes, notamment grâce à une taille plus large, qui place les grappes à l’ombre des feuilles de vignes.
Un millésime qui se joue aussi en dehors des vignes
Pour les professionnels, cette précocité n’est donc pas sans conséquences économiques. Il faut mobiliser les vendangeurs plus tôt, parfois en pleine période de congés des salariés.
L’enjeu dépasse le millésime 2026. Gérer des volumes plus incertains et préserver l’équilibre des vins : le changement climatique bouscule désormais directement le calendrier et les conditions de production.
La filière bourguignonne investit déjà dans la recherche et l’adaptation des pratiques pour conserver ce qui fait l’identité de ses vins.
Une chose est sûre : avec des volumes potentiellement faibles mais une qualité annoncée comme prometteuse, le millésime 2026 sera particulièrement scruté par toute la filière.
Texte : Pauline Bresson
Photo : Zoé Benoit