« Cette phrase, qui avait beaucoup choqué en son temps, a pourtant marqué ma vie et mon parcours.
À un moment où le patriotisme semble moins faire recette et laisse parfois la place au populisme, je n’ai jamais eu, pour ma part, à me poser la question. J’aime mon pays, j’adhère à ses valeurs, je respecte son histoire et je mesure la chance que nous avons de vivre et de travailler en France quand je regarde ce qui se passe dans de nombreux pays. Et vous ?
Peut-être devrions-nous le dire plus souvent. Dire ce qui va mal, évidemment, mais aussi rappeler ce qui va bien. Nous avons besoin de redonner confiance à celles et ceux qui nous entourent, dans notre vie personnelle comme professionnelle.
Certes, d’autres pays avancent plus vite que nous et font parfois mieux que nous. Certes, nous sommes irrités, fâchés, parfois même en colère face à ce qui se passe actuellement. Mais notre pays reste magnifique et son potentiel de croissance est immense face aux évolutions de la société et du monde.
Je le répète régulièrement : côté privé, il faut libérer une économie responsable et, côté public, faire des économies. Cela me semble être une base simple pour retrouver de l’élan.
Ce qui est plus difficile à accepter, c’est le sentiment de ne pas être suffisamment écoutés. Il semble y avoir quelques avancées sur les transmissions d’entreprises et de patrimoine, et c’est une bonne chose. Mais que d’efforts, que de temps et que de sueur pour obtenir des évolutions qui pourraient bénéficier à tous ! Notre système reste trop lourd et trop souvent inadapté à la vitesse du monde actuel.
Pourtant, une autre France est possible. Celle du vivre-ensemble, du partage et d’un avenir pour tous. J’en suis profondément persuadé. Mais pour y parvenir, nous devons remettre au cœur de notre projet collectif quelques valeurs simples : le travail, les droits mais aussi les devoirs, et le respect.
Cela suppose également de savoir durcir le ton face à celles et ceux qui profitent du système ou aux délinquants qui pourrissent le quotidien des Français. Il ne devrait pas être nécessaire d’être d’extrême droite ou d’extrême gauche pour le dire et pour agir.
Nous avons surtout besoin de retrouver confiance.
Confiance en nous, confiance dans ce que nous sommes capables de construire ensemble et confiance dans notre pays.
Parce qu’avant de vouloir changer la France, il faut peut-être commencer par croire en elle. »
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel
Contributeur : Jean-Philippe Girard