Les défaillances d’entreprises s’enchaînent, le secteur de la construction est particulièrement touché, mais Emmanuel Chevasson refuse d’en faire une fatalité. Lors des Rencontres du bâtiment organisées le 10 septembre dernier, le président de la Fédération Française du Bâtiment de Côte-d’Or a choisi de déplacer le regard : plutôt que commenter la crise, chercher des leviers d’actions locaux.
Face à une crise, agir plutôt que subir
Aussi inconfortables soient-elles, les périodes de crise sont aussi des moments de remise en question. Elles obligent les entreprises à adapter leurs pratiques, à intégrer de nouveaux matériaux, à répondre aux enjeux climatiques ou encore à composer avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. Autant de transformations qui peuvent devenir des moteurs d’évolution, pour peu qu’elles mènent à l’action.
Car Emmanuel Chevasson insiste : “le problème n’est pas l’absence de besoins”. Logements, rénovation énergétique, adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs… les marchés existent. Ce sont le pouvoir d’achat, les conditions de financement et le contexte économique qui freinent leur concrétisation.
Les difficultés nationales sont donc bien réelles, mais elles ne doivent pas empêcher d’agir, bien au contraire. C’était précisément l’ambition des Rencontres du Bâtiment : identifier ce qu’il est possible d’améliorer plutôt que de commenter des difficultés que connaissent déjà trop bien les acteurs du bâtiment. “Nous n’avons pas l’illusion de penser pouvoir changer la politique nationale depuis Dijon, mais nous pouvons améliorer les choses à notre échelle”, résume le président de la FFB 21.
Chercher des solutions concrètes : miser local pour faire face
Dans cet esprit, la fédération a réuni plusieurs maires et des entrepreneurs autour d’une même table. L’objectif n’était pas de débattre de politique, mais de résoudre des difficultés très concrètes : pourquoi certains appels d’offres restent-ils sans réponse ? Comment mieux mobiliser les entreprises locales ? Comment préserver les compétences du territoire ?
Lorsque les marchés privés ralentissent, la commande publique peut jouer un rôle d’amortisseur. Encore faut-il que les collectivités et les entreprises se comprennent. C’est précisément ce rôle d’intermédiaire que revendique la FFB 21.
Lorsqu’une entreprise disparaît, ce ne sont pas seulement des emplois qui s’en vont. Ce sont aussi des compétences, une connaissance des spécificités du territoire et une capacité à répondre aux besoins locaux qui s’effacent progressivement. Des qualités que la FFB 21 valorise avec un rendez-vous désormais incontournable.
Mettre en lumière les bonnes pratiques avec les Parpaings d’Or
On l’évoquait dans nos colonnes, les Rencontres du Bâtiment sont aussi l’occasion de remettre les Parpaings d’Or. Plus qu’un chantier, ils distinguent une manière de travailler : coopération entre les acteurs, ancrage local et qualité des relations.

Jeudi 10 septembre, trois entreprises ont été distinguées. Le promoteur immobilier BFC Promotion Habitat, à travers son directeur général Sébastien Lemoine, pour son modèle coopératif fondé sur la proximité et l’intérêt général ; la société E3 Patrimoine, reprise par Pauline Flocard, spécialisée dans la restauration du patrimoine et des monuments historiques ; et Seturec, société de maîtrise d’œuvre représentée par ses dirigeants Guillaume Guerlot et Antoine Chaussade, accompagnés de leur business développeur Laurent Haas.
Faire circuler les bonnes idées, rapprocher les acteurs d’un même territoire et préserver les savoir-faire locaux, voilà donc un terrain sur lequel chacun peut encore agir et c’est précisément le pari de la FFB 21.
Texte : Zoé Benoit
Photos : Alice Cocset, FFB 21.