C’est le nombre de jours auquel s’élève le retard moyen de paiement des entreprises en Bourgogne-Franche-Comté, au deuxième trimestre de 2026. Un chiffre nettement en-dessous de la moyenne française, et encore plus de la moyenne européenne.
L’amélioration se confirme
Une fois n’est pas coutume, la Bourgogne-Franche-Comté est dans le peloton de tête. Avec 10,2 jours de retard, la Bourgogne-Franche-Comté figure parmi les bonnes élèves. Elle se situe dans le premier tiers des régions françaises, derrière seulement les Pays de la Loire (9,1 jours), la Bretagne (9,3 jours), le Centre-Val de Loire (9,7 jours) et l’Occitanie (10 jours).
Le deuxième trimestre confirme ainsi le redressement amorcé depuis le début de l’année 2026, après deux années marquées par une dégradation des délais de paiement dans tout le pays. En l’espace d’un an, le retard moyen est passé de 12 jours à 10,2 jours en région, et de 14,1 à 12,3 jours au national, soit un gain de presque deux jours. La moyenne européenne elle aussi s’améliore, mais reste plus élevée : 13,1 jours au deuxième trimestre 2026, contre 14 jours un an auparavant.
Les bons élèves ne sont pas toujours ceux que l’on croit
Les entreprises qui paient le plus vite ne sont ni les plus grosses, ni celles qui disposent des trésoreries les plus confortables. Ce sont les PME (11,1 jours de retard) et les TPE (11,7 jours), qui tiennent davantage les délais, alors que les grands groupes repoussent davantage les échéances (19,6 jours). Une question de proximité et de crédibilité autant que de moyens : pour une PME, retarder un paiement, c’est fragiliser une relation commerciale souvent essentielle avec des partenaires peu nombreux.
Même logique du côté des secteurs. Le bâtiment affiche l’un des meilleurs résultats de l’économie française, avec une moyenne de 8 jours de retard. Les travaux publics suivent la tendance (11,8 jours), tandis que la promotion immobilière décroche nettement (25,8 jours). Les services sont également plus exposés, avec 14,2 jours dans l’hébergement-restauration et 13,3 jours dans l’information-communication.
De quoi éclairer, au moins en partie, la bonne performance de la Bourgogne-Franche-Comté. Région de PME, d’industrie et de construction, elle s’appuie sur un tissu économique composé d’activités qui figurent justement parmi les plus disciplinées en matière de paiement. Une corrélation plus qu’une certitude, mais qui donne une autre lecture du classement régional.
Thierry Millon rappelle par ailleurs que cette amélioration générale en France intervient alors même que les défaillances d’entreprises restent à un niveau historiquement élevé (plus de 71 700 à fin août). Autrement dit, payer à l’heure dépasse l’enjeu de trésorerie : il s’agit désormais de préserver son propre écosystème économique, en garantissant le bon fonctionnement de ses fournisseurs.
Texte : Zoé Benoit