Près de vingt ans après leur installation, les premières éoliennes de Franche-Comté laissent place à une nouvelle génération de machines. À Vyt-lès-Belvoir, le repowering du parc éolien de Montbéliard marque une première pour ERG France, mais aussi pour le territoire. À la clé : plus du double de puissance et presque trois fois plus d’électricité produite, sans changer de terrain.
Plus d’énergie, sur le même site
Installées en 2007, les cinq éoliennes historiques du parc du Lomont Ouest ont été démantelées en mars 2026. La réglementation impose au parc un taux de recyclage de 90 % de la masse totale éolienne. Acier, béton, cuivre ou aluminium peuvent être valorisés dans des filières existants, mais les pales en matériaux composites restent plus complexes à traiter.
Ce sont désormais cinq Vestas V136, de 4,5 MW chacune, qui culminent à 180 mètres sur le parc du Lomont. La puissance installée passe ainsi de 10 à 22,5 MW et la production annuelle devrait atteindre environ 62 GWh, contre près d’un tiers auparavant. Autrement dit, le site produit beaucoup plus avec le même nombre d’éoliennes. L’électricité générée devrait couvrir l’équivalent des besoins de 44 000 foyers et éviter près de 18 000 tonnes de CO₂ par an.
C’est tout l’enjeu du repowering : renouveler des installations arrivées à maturité avec des équipements plus performants, plutôt que créer systématiquement de nouveaux parcs. Ici, le projet réutilise le terrain et une partie des infrastructures existantes.
Une première étape avant la mise en service
Le projet a franchi une étape symbolique le 2 septembre dernier, avec l’injection des premiers kilowattheures sur le réseau. La mise en service commerciale est attendue en octobre 2026.
Pour la société italienne ERG, qui exploite le parc depuis 2015, ce chantier constitue le premier projet de repowering mené en France. Il bénéficie par ailleurs d’un complément de rémunération sur 20 ans, offrant à l’entreprise une visibilité sur ses revenus dans la durée.
Un site réhabilité, cinq nouvelles machines et une production presque triplée : le parc du Doubs montre concrètement ce que peut apporter le renouvellement des installations existantes.
Texte : Zoé Benoit
Photo : ERG