C’est le nombre de start-ups à impact répertoriées en Bourgogne-Franche-Comté, soit 2 % de celles cartographiées en France par Bpifrance en 2026. Leur point commun : développer des solutions à des enjeux environnementaux et sociaux, tout en intégrant leur impact dans leur activité. Petit tour d’horizon.
Chacun son secteur
Avec 21 start-ups à impact, la région reste minoritaire dans le paysage national : sur les 1382 start-ups répertoriées en France, 43 % sont situées en Île-de-France, 11 % en Rhône-Alpes et 8 % en Occitanie.
Terre industrielle et automobile, la Bourgogne-Franche-Comté regroupe des start-ups qui misent sur la mobilité, concentrant à elle seule 29 % des start-ups recensées dans la région. L’agriculture et l’alimentation, l’industrie et l’économie circulaire pèsent chacune 14 %. Des secteurs qui traduisent des priorités concrètes : faire évoluer les modes de production ou limiter l’impact des déplacements.
Au niveau national, ce sont plutôt les secteurs de la biodiversité et du climat ainsi que de l’économie circulaire qui concentrent les start-ups (14 % chacun).
De l’environnement à l’inclusion sociale
À l’échelle nationale, 56 % des start-ups déclarent mesurer leur empreinte environnementale. En Bourgogne-Franche-Comté comme au national, c’est la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui arrive en tête (47 %) comme principal indicateur de leur impact positif, devant la réduction des déchets et les coûts évités pour la société (24 % chacun).
L’engagement se mesure aussi dans les pratiques internes : en France, 78 % ont mis en place des dispositifs de partage de la valeur. Parmi elles, près de 40 % proposent de l’actionnariat salarié et presque autant limitent les écarts de rémunération. La Bourgogne-Franche-Comté se démarque puisque les entreprises y misent sur une politique d’intéressement ou de partage de la valeur entre les parties prenantes (33 %). L’impact concerne donc aussi la manière de répartir la valeur créée.
Faire le bien oui, mais durablement
Engagement ou non, les start-ups à impact n’échappent pas aux défis propres aux start-ups : changer d’échelle pour garantir leur pérennité. Reste à concilier deux impératifs : faire grandir l’entreprise sans sacrifier son engagement environnemental et social.
En région, les entreprises répertoriées par Bpifrance sont assez bien installées : 45 % des entreprises bourguignonnes et franc-comtoises s’estiment déjà rentables, contre 32 % à l’échelle nationale. On y retrouve notamment Purple Alternative Surface et ses revêtements perméables fabriqués à partir de matériaux recyclés, ainsi que Sintermat, qui vient d’ailleurs d’annoncer se refinancer à hauteur de 6 millions d’euros pour renforcer l’industrialisation de ses matériaux augmentés.
Côté mobilités, Cocolis (plateforme de cotransportage pour des livraisons plus écologiques), Matawan (plateforme billettique connectant le transport collectif à tous les modes de mobilités) et Vianova (analyse de données pour rendre la mobilité plus sûre et écologique) semblent bien installées puisqu’elles ont toutes passé le cap des 10 ans, ou presque.
Le défi principal reste de parvenir à changer d’échelle. Et dans un contexte de financement plus exigeant, les investisseurs ne sont pas les seuls leviers. À l’échelle nationale, 41 % des dirigeants interrogés misent sur les partenariats et les coopérations pour se développer.
Grands groupes et acteurs publics ont donc une carte à jouer : devenir clients de ces solutions, leur ouvrir des marchés et accélérer leur déploiement. Pour les start-ups à impact, la commande publique et les collaborations avec les entreprises peuvent faire la différence.
Texte : Pauline Bresson
Source : Les startups françaises de l’impact – Édition 2026, Bpifrance, Impact France et France Digitale, 6 octobre 2026.