C’est une méthode bien connue de nos aïeux, l’éco-pâturage séduit de plus en plus de collectivités et d’entreprises. Et avec la multiplication des épisodes de sécheresse et des risques d’incendie, cette pratique ancestrale retrouve une nouvelle actualité.
Des atouts, à tort et à travers
Gérer les espaces verts et naturels avec des herbivores plutôt que des machines sophistiquées, c’est la formule de l’éco-pâturage. Moutons, chèvres, vaches, chevaux… chacun a sa spécialité pour entretenir un terrain. Résultat : moins de carburant, moins de bruit, moins de produits chimiques et une biodiversité préservée.
L’éco-pâturage est aussi vecteur de lien, entre les entreprises et les éleveurs du territoire, mais aussi entre les animaux et les plus jeunes. Les troupeaux peuvent être un vrai support de sensibilisation, notamment par l’intermédiaire des écoles.
Enfin, autre atout, et de taille : la prévention des incendies. En consommant les herbes sèches, les animaux réduisent le combustible disponible, et ce sans produire la moindre étincelle, contrairement à certains engins mécaniques.
Pas une solution magique
Attention toutefois à ne pas idéaliser le concept. Il ne s’agit pas juste de déposer quelques moutons sur une parcelle. Les animaux doivent être correctement identifiés, nourris, abreuvés, protégés des intempéries et des prédateurs. Les clôtures demandent une surveillance régulière pour éviter toute divagation.
Si les animaux peuvent parfois naviguer plus facilement que les machines sur des terrains accidentés et irréguliers, ces terrains doivent aussi être adaptés : sans pollution ni déchets susceptibles de les blesser.
Autrement dit, remplacer une tondeuse par un troupeau nécessite de vrais savoir-faire d’éleveur.
Des initiatives qui se multiplient en région
En Bourgogne-Franche-Comté, ils sont nombreux à franchir le pas. Dans le Jura, le vigneron Oscar Vurpillot teste l’éco-pâturage avec des cochons Kunekune entre les rangs de vigne. En Saône-et-Loire, les moutons déambulent dans le parc photovoltaïque de l’entreprise CVE Solar.
Les résultats commencent d’ailleurs à se mesurer. Le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne, engagé dans un programme d’éco-pastoralisme doté de plus de 500 000 euros sur 2025-2027, indique avoir déjà atteint 48 % de ses objectifs après seulement un an et demi. Son troupeau compte désormais 27 animaux, cinq nouveaux exploitants agricoles ont rejoint le programme et 22 accompagnements techniques ont déjà été réalisés.
Une belle illustration du retour à la simplicité. Parfois, innover c’est surtout remettre au goût du jour une pratique vieille comme le monde.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR
Source : Synthèse des activités 2025, Conservatoire d’espace naturels de Bourgogne.