Une usine verticale de quatre étages, des médicaments stratégiques rapatriés d’Allemagne et 25,1 millions d’euros d’investissement : AdhexPharma change d’échelle à Chenôve. L’entreprise a inauguré sa nouvelle unité de production : un bâtiment de 8 000 m² destiné à accueillir les activités de sa filiale allemande Labtec, rachetée en 2022, pour relocaliser en Bourgogne la production d’antidouleurs utilisés dans les soins palliatifs.
Un chantier d’envergure
Soutenu par le programme France 2030 à hauteur de 4,13 millions d’euros, ce transfert industriel doit s’achever au printemps 2027. Car si l’usine est désormais construite, encore faut-il la meubler. Un défi qui implique le transfert de machines de haute technologie depuis l’Allemagne, mais aussi la revalidation complète des procédés pharmaceutiques sur le sol français. L’occasion de rappeler que derrière l’innovation se cachent aussi des lignes de production, des machines, des matières premières et des femmes et des hommes qui les font fonctionner.
« L’industrie, c’est concret, ce n’est pas que de la prestation intellectuelle. Il y a beaucoup d’intelligence, beaucoup de savoir-faire, mais on doit fabriquer et il faut des machines, des matières premières et des opérateurs.»
Roland de la Brosse, président d’AdhexPharma
Pour AdhexPharma, cette usine marque une nouvelle étape de croissance. Implantée à Chenôve depuis 1950, l’entreprise spécialisée dans les patchs médicamenteux compte aujourd’hui 200 salariés et prévoit d’atteindre 250 collaborateurs dans les prochains mois.
La relocalisation, un symbole de souveraineté
En visite sur le site le lundi 8 juin, Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie, Jérôme Durain, président de la Région et François Rebsamen, président de Dijon Métropole ont salué le développement d’une entreprise qui met en valeur tant l’industrie locale que l’expertise française.
« Si l’État est à vos côtés, c’est parce que vous avez décidé de rapatrier en France deux médicaments qui sont essentiels », a souligné Sébastien Martin, voyant dans cette initiative un exemple concret de la stratégie nationale de souveraineté sanitaire.
Un développement qui conforte aussi le poids de la Bourgogne-Franche-Comté dans la filière santé, un secteur que le ministre a présenté comme un levier majeur de la réindustrialisation française.
Texte : Zoé Benoit
Photo : AdhexPharma