Le sujet semblait s’être éloigné, mais il revient sur le devant de la scène. Le 11 juin, les députés ont adopté en deuxième lecture une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal. Soutenu par les partis de gauche, le texte a été rejeté par le gouvernement et la droite. Il doit désormais repartir au Sénat, qui l’avait déjà refusé une première fois en février.
Pour l’heure, rien ne dit que cette nationalisation verra le jour. La navette parlementaire pourrait encore durer plusieurs mois et le gouvernement a d’ores et déjà affiché son opposition au projet. ArcelorMittal considère également qu’une nationalisation constituerait « une fausse solution », estimant que les nouvelles mesures européennes de protection de l’acier devraient améliorer les perspectives du secteur.
Le dossier intéresse directement la Bourgogne-Franche-Comté. Le groupe ArcelorMittal emploie près de 840 salariés sur son site Industeel du Creusot, spécialisé dans les aciers spéciaux. En avril dernier, l’entreprise y inaugurait une nouvelle installation de coulée continue verticale de 52 millions d’euros, soutenue à hauteur de 12,3 millions d’euros par l’État dans le cadre de France 2030.
Vendredi 12 juin, en déplacement à Autun puis sur le site d’Aperam à Imphy, dans la Nièvre, le ministre de l’industrie Sébastien Martin a réaffirmé son opposition à une nationalisation d’ArcelorMittal. Une prise de position qui intervient quelques semaines seulement après sa venue au Creusot pour inaugurer la nouvelle ligne de production d’Industeel.
Pour le ministre, comme pour la direction du groupe, l’enjeu réside davantage dans le renforcement de la compétitivité des sites français que dans un changement d’actionnaire. Au Creusot, ArcelorMittal mise justement sur cette stratégie en développant sa production d’aciers à forte valeur ajoutée destinés notamment au nucléaire, à la défense et aux secteurs de l’énergie.
Reste que le débat relance une question de fond : celle de la souveraineté industrielle française et de la maîtrise des filières stratégiques. Un sujet qui concerne particulièrement la Bourgogne-Franche-Comté, où l’acier demeure un maillon essentiel de l’économie industrielle.
Texte : Zoé Benoit
Photo : ArcelorMittal