Les chiffres donnent le vertige.
3 500 milliards de dettes.
100 milliards d’intérêts.
Et au bout de la chaîne : 70 millions de Français concernés.
Tout le monde semble s’en foutre, mais s’il fallait payer l’addition, cela ferait 50 000 euros par français !
Face à cela, plutôt que de s’inspirer de la stratégie et de la gouvernance de celles et ceux qui créent de la valeur, l’État choisit trop souvent une autre voie : pointer du doigt les entrepreneurs et alourdir la pression fiscale pour tenter de combler ses propres dérives.
C’est un peu comme vouloir remplir une piscine avec une petite cuillère.
Je l’ai déjà dit : nous sommes à la limite du harcèlement fiscal et normatif. Chez certains, nous sommes carrément à la limite du découragement, de l’envie de tout arrêter, peut-être même de partir.
Un fossé se creuse dangereusement entre celles et ceux qui produisent, investissent et paient l’impôt, et celles et ceux qui votent les lois, élaborent les budgets et protègent leurs propres équilibres et profitent du système.
Le contraste est saisissant. Un particulier en difficulté est immédiatement sanctionné. Une entreprise fragilisée est rapidement déclassée. Mais l’État, lui, peut continuer à dépenser sans compter.
Stop.
Nous ne pouvons plus nous contenter de zigzags, de postures, de rivalités politiques stériles et de décisions prises à contre-sens de la réalité économique. Gouverner, ce n’est pas gérer des équilibres partisans : c’est porter une responsabilité historique.
Car derrière ces choix, il y a un pays. Et derrière ce pays, un héritage.
Ce qui se joue aujourd’hui est sérieux. Parfois inquiétant. Parfois difficilement compréhensible.
Le redressement ne viendra pas d’une hausse continue des impôts. Il viendra de notre capacité collective à mieux utiliser l’argent public, à redonner envie d’investir, de recruter, de partager la valeur.
Encourager la réussite plutôt que la suspecter.
Valoriser ceux qui entreprennent plutôt que les stigmatiser.
Aux États-Unis, on admire ceux qui réussissent. En France, on les regarde souvent avec méfiance. Est-ce vraiment le bon réflexe ?
Terminons sur une note plus légère : un jour, un ministre avait évoqué sa « phobie administrative ». Cela avait fait sourire. Mais au fond, la question reste ouverte : combien sont-ils à en souffrir réellement ?
À ce compte-là, peut-être devrions-nous, nous aussi, déclarer une “phobie fiscale” et demander un remboursement à 100% par la Sécurité sociale. Après tout, cela aurait au moins le mérite d’ouvrir le débat.
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel.