« Nous allons pouvoir débuter le match. Ils sont désormais une trentaine à être candidats, déclarés ou potentiels, à l’élection présidentielle. La place doit être bonne ou alors sont-ils déjà en train de négocier leur place dans le nouveau gouvernement.
On pourrait imaginer un grand match gauche-droite, mais que fait-on des extrêmes ? Et surtout, comment compose-t-on les équipes quand chacun semble vouloir jouer son propre match, sans même se préoccuper des joueurs de sa propre équipe et d’en face ?
La grande différence avec le rugby, c’est justement que l’esprit d’équipe semble avoir disparu alors qu’il est une force pour notre équipe de France. Cela va être compliqué pour les arbitres, mais surtout pour nous, spectateurs et électeurs, qui devrons, à la fin, choisir l’homme ou la femme du match.
Il y aura bien deux mi-temps, avec les deux tours de l’élection présidentielle, mais la seconde pourrait être douloureuse. Une partie des Français, en colère et souvent pour des raisons parfaitement compréhensibles, voudra renverser la table. Attention cependant à ne pas perdre beaucoup en pensant obtenir mieux.
La grande foire aux promesses, aux dénigrements et parfois aux mensonges va maintenant commencer. Et malheureusement, il n’existe pas vraiment d’arbitre capable de distribuer les cartons jaunes et rouges lorsque les limites sont franchies.
Alors, cette année plus que jamais, prenons le temps d’analyser sérieusement les programmes. Regardons ce qui est réalisable, ce qui est finançable et ce qui relève de la simple promesse électorale. Ne votons pas sur un coup de tête (ce serait carton rouge), ni simplement pour un slogan. Votons en conscience pour le programme qui correspond à la France que nous voulons construire, avec l’ambition de retrouver de la confiance et de renforcer notre capacité à vivre et grandir ensemble.
Pourquoi ne pas regarder aussi ce qui a fonctionné par le passé ? Les trois premières années du quinquennat d’Emmanuel Macron avec Édouard Philippe à Matignon ont été marquées par plusieurs réformes économiques et, avant la crise du Covid, par une croissance et des créations d’emplois dynamiques. Tout n’est donc peut-être pas à jeter.
La campagne sera longue, les tacles certainement nombreux et les prolongations ne sont pas à exclure.
Bon match à toutes et à tous et, je vous en prie, restons fair-play. »
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel
Contributeur : Jean-Philippe Girard