Ce n’est ni un tsunami ni un cyclone qui emporte tout sur son passage.
Mais les résultats du premier tour des municipales 2026 disent beaucoup de choses, et surtout la colère et le ras-le-bol d’une grande partie des Français.
Nous le pressentions. Les urnes le confirment.
On pensait La France insoumise en perte de vitesse : elle réapparaît.
On croyait le Rassemblement national affaibli : il se retrouve aux portes de grandes villes.
Comment peut-on n’avoir rien vu venir à ce point ?
La réponse est pourtant simple : la vérité est sur le terrain. Le vrai terrain.
Pas celui préparé pour la visite d’un ministre, soigneusement organisé et balisé.
Le vrai terrain, celui du quotidien des Français, celui que vivent chaque jour les habitants de nos villes, de nos villages et de nos quartiers.
La confiance dans la politique a pris un sérieux coup. Les arrangements entre amis ne passent plus. Les discours calibrés et répétés, parfois trop lisses pour être crédibles, ne convainquent plus. Le second tour sera donc celui de la vérité.
Les plafonds de verre vont-ils exploser ?
Les discours de colère et de division continueront-ils à prospérer ?
Ou les vrais projets territoriaux finiront-ils par l’emporter sur les logiques d’appareil ?
Réponse le 22 mars.
J’aime profondément cette élection municipale. Elle fait partie de l’ADN démocratique de la France. Dans les villages les plus éloignés, elle anime la vie locale, fait se rencontrer les habitants, redonne parfois espoir et envie de construire ensemble.
Mais ce que j’aime moins, c’est de la voir transformée en simple jeu de pouvoir national.
On dit souvent d’un maire qu’il est bon ou mauvais sans forcément regarder son étiquette politique (sauf peut-être dans les grandes villes), et c’est très bien ainsi. Gardons cela.
Car la réalité de la France, ce sont aussi 34 500 communes, petites et grandes, qui font battre le cœur de notre pays. Pourtant, une fois de plus, une grande partie des médias nationaux a préféré réduire ces élections à un affrontement politique national, comme si la France ne se résumait qu’aux grandes métropoles. Il faut dire qu’en dehors des vacances, certains ne passent pas beaucoup de temps sur le terrain…
Élire son maire, ce n’est pas choisir une figure nationale.
C’est choisir celui ou celle qui devra créer de l’apaisement, améliorer la qualité de vie, soutenir l’activité économique, faire vivre la commune et donner envie d’y rester ou d’y venir. Bref, quelqu’un qui agit concrètement pour ses habitants.
Parce que les figures nationales, elles, auront souvent déjà oublié ces communes dès le lendemain du scrutin. C’est direct. C’est parfois dur. Mais c’est la réalité.
Alors dimanche prochain, bon vote.
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.