François Patriat était un ancien ministre et président de la Région Bourgogne, et l'actuel sénateur de Côte-d’Or. Il est décédé ce mercredi 19 août à l’âge de 83 ans.
• Il a été conseiller général de la Côte-d’Or de 1976 à 2008, et maire de Chailly-sur-Armançon de 1989 à 2001.
• Conseiller régional de 1981 à 1986, il a pris la présidence de la région Bourgogne de 2004 à 2015.
• Élu en 1981, il a été député de Côte-d’Or pendant 11 ans, jusqu’en 2000.
• Secrétaire d’État au commerce de 2000 à 2002, il a ensuite été ministre de l’Agriculture sous Lionel Jospin en 2002.
• Depuis 2008, il était l’actuel sénateur de Côte-d’Or.
• Premier soutien d’Emmanuel Macron venu de la gauche, il présidait le groupe présidentiel RDPI au Sénat depuis 2017.
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Jean-Philippe Girard lui rend hommage.
« Que le moment est difficile. Tu t’en es allé, laissant derrière toi tous ceux qui ont partagé avec toi de bons moments et l’amour que tu portais à ce pays et à cette région.
Tu nous manques déjà, mon Fanfan. Tu me manques beaucoup. Tu étais l’un des rares politiques capables de parler à gauche comme à droite et, osons le dire, en même temps. C’était devenu tellement rare et tellement précieux.
Le Président t’avait accordé toute sa confiance et me disait encore dernièrement combien il t’admirait. Notre dernière rencontre à Nuits-Saint-Georges et Chambolle nous avait donné envie de renouveler plus souvent ces échanges. Ta sagesse, ton énergie, ton expérience et surtout ta connaissance du terrain étaient si précieuses. Nous avions encore tellement de choses à nous dire.

Toi, le véto si apprécié que l’on pouvait déranger jour et nuit, toi qui as sauvé tant de bêtes et sans doute aussi quelques têtes, tu t’es battu jusqu’au bout.
Ton épouse, Grégory, tes proches, PJ et tant d’autres sont aujourd’hui dans le chagrin et mes pensées vont évidemment vers eux.
Tu m’exprimais dernièrement ta peur du vide. Nous avions convenu de commencer une réflexion sur l’importance et l’urgence de repenser le Sénat et l’Assemblée nationale, ces institutions qui ont progressivement perdu une partie de la confiance des Français. Nous ne pourrons malheureusement pas poursuivre ensemble cette réflexion, mais nos échanges resteront dans ma mémoire et nourriront ma pensée.
Nous nous connaissions depuis plus de trente-cinq ans, sans jamais un heurt ni une déception. Trente-cinq années de débats constructifs, de respect et d’admiration mutuelle.
Tu aurais pu faire semblant, comme beaucoup l’ont fait. Mais tu as toujours soutenu mes projets. Chaque fois que je t’ai sollicité, tu as agi rapidement et efficacement, dans l’intérêt de nos entreprises et de notre territoire. Je ne l’oublierai pas.

Lorsque je t’avais écrit ces quelques lignes, c’était d’abord pour que tu puisses les lire quand tu irais mieux, mais aussi pour que celles et ceux qui te connaissaient moins découvrent un peu mieux le grand homme que tu étais. Tu m’aurais certainement dit : « C’est trop. » Non, Fanfan. C’était vrai. Et il y aurait encore tellement à dire.
Certains ont parfois tenté d’écorner ton image. Ils n’y sont pas parvenus. Les gens savent reconnaître celles et ceux qui les aiment, les respectent et les protègent.
Il nous appartient désormais, avec quelques amis fidèles, de poursuivre ces discussions et de continuer à défendre cette France des territoires et du vivre-ensemble à laquelle tu tenais tant.
Tu vas terriblement nous manquer, Fanfan. »
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : DR
Contributeur : Jean-Philippe Girard