Comment expliquer qu’entre 2017 et 2020, la France ait retrouvé des couleurs, avec une attractivité renforcée, un chômage en baisse, un apprentissage en plein essor, des réponses efficaces face à la crise sanitaire, une réconciliation entre économie, écologie et progrès social, et que, depuis deux ans, tant de décisions interrogent ?
La question mérite d’être posée.
Car sur le terrain, le sentiment est clair : le cap s’est brouillé.
- Réduction des aides à l’apprentissage et à l’alternance : difficile à comprendre.
- Plafonnement du CPF sur des formations pourtant essentielles : surprenant.
- Coup de rabot sur le CIR alors que l’innovation est stratégique : risqué.
- Manque de fermeté sur certains arrêts de travail ou dispositifs de sortie : discutable.
- Restrictions d’ouverture pour des commerces déjà fragilisés : contre-productif.
- Discours sur “l’effort partagé” avec un poids concentré sur quelques-uns déséquilibré.
- Remise en cause du cadre Dutreil : inquiétant pour la transmission.
Il n’y a qu’à l’école où « moins plus moins égal plus » !
Et cette liste est loin d’être exhaustive. Chacun, selon son activité, pourrait y ajouter ses propres exemples. Tant de mauvaises décisions qui nous entraînent sur une pente glissante.
J’aimerais me tromper. J’aimerais que ces décisions produisent, à terme, des effets positifs.
Nous le saurons dans quelques mois. Mais beaucoup redoutent déjà une addition lourde, un déficit qui continuerait de se creuser, un pays sans cap.
Le contexte international servira peut-être d’explication, mais il ne suffira pas à tout justifier. La comparaison avec nos voisins sera, elle, implacable.
Chères et chers décideurs, nous continuerons à avancer, à investir, à recruter, à nous battre. C’est dans notre ADN. Mais il devient urgent d’avoir un État à nos côtés, et non face à nous : c’est ensemble que nous sortirons de l’ornière.
Sur le terrain, localement, je perçois davantage d’écoute, plus de pragmatisme, parfois même de vraies avancées. Est-ce votre sentiment également ?
Je reste optimiste : on ne se refait pas !
Entrepreneur audacieux et figure du monde économique régional en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Philippe Girard accompagne depuis plus de trente ans les dirigeants dans leurs projets de développement. Observateur attentif de la vie publique, il signe régulièrement dans nos colonnes un billet d’humeur où se mêlent convictions, expérience de terrain et franc-parler.
Photo : Jonas Jacquel