Avec près de 28 700 salariés et 2,53 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2023, l’automobile demeure l’un des principaux moteurs industriels de Bourgogne-Franche-Comté. Mais le baromètre de cette semaine révèle surtout une autre réalité : la filière est loin d’être répartie uniformément sur le territoire.
Un moteur économique régional
L’automobile irrigue l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté. De la Côte-d’Or au Territoire de Belfort, chaque département compte des entreprises spécialisées dans la fabrication de véhicules, de composants ou de pièces mécaniques. Au total, la filière génère plus de 2,5 milliards d’euros de valeur ajoutée. Un poids économique qui dépasse largement le seul secteur automobile et irrigue de nombreuses entreprises industrielles régionales, notamment dans la métallurgie, l’usinage ou les équipements.
Cette force industrielle s’accompagne toutefois d’une forte spécialisation. La filière repose largement sur un tissu de sous-traitants et d’entreprises de la métallurgie, fortement dépendants des grands donneurs d’ordre. Face aux mutations du secteur, notamment l’électrification des véhicules, les industriels régionaux doivent donc anticiper : six établissements sur dix cherchent aujourd’hui à diversifier leurs activités, une proportion supérieure à la moyenne nationale (5 établissements sur 10). Une propension à la diversification qui reflète la dépendance historique à l’automobile des entreprises régionales.
Le Doubs, locomotive de la filière
À lui seul, le Doubs concentre près de la moitié des emplois automobiles régionaux et plus de la moitié de la richesse créée par la filière. Avec 13 800 salariés dédiés à l’automobile et plus de 1,4 milliard d’euros de valeur ajoutée, il s’impose très largement comme le cœur industriel de la filière en Bourgogne-Franche-Comté.
Derrière lui, les écarts sont considérables : la Haute-Saône arrive en deuxième position avec 3 500 salariés, tandis que l’Yonne, la Saône-et-Loire, le Territoire de Belfort, la Côte-d’Or, le Jura et la Nièvre comptent chacun entre 1 200 et 2 600 emplois.
Une concentration dans le Doubs qui n’a rien d’un hasard, mais qui hérite de l’histoire industrielle du Nord Franche-Comté. Construit, des décennies durant, autour des grands constructeurs installés aux alentours, le bassin d’emploi reste ainsi ancré dans l’automobile.
À l’échelle régionale comme départementale, la filière automobile occupe une place prépondérante en Bourgogne-Franche-Comté. Un facteur d’instabilité en ces temps concurrentiels certes, mais aussi une marque de fabrique.
Texte : Pauline Bresson