Le vieillissement de la population française n’échappe à personne, mais la Bourgogne-Franche-Comté se démarque par son expérience en la matière. Si elle devrait rester la région où la progression de la dépendance sera la plus faible (+20 %, contre +35 % en moyenne nationale), le vieillissement transformera tout de même les besoins… et l’économie.
La contrainte démographique devient un atout : le secteur médico-social relativement bien équipé
En 2022, 860 000 habitants ont 60 ans ou plus, soit trois habitants sur dix en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi eux, 97 600 seniors sont déjà en situation de perte d’autonomie, soit 11,4 % des personnes âgées. Selon les projections de l’Insee, ce nombre pourrait atteindre 117 000 personnes en 2055, soit près de 20 % de plus qu’aujourd’hui. Une évolution qui s’explique principalement par l’arrivée des générations du baby-boom aux âges les plus élevés, et qui touche toute la France.
Mais la région semble bien préparée. Une population déjà plus âgée que la moyenne nationale et des flux relativement modestes de retraités comparés aux régions du sud, on pourrait croire à des handicaps… et pourtant. Fin 2022, la Bourgogne-Franche-Comté dispose de 104 places en établissements d’hébergement pour 1 000 personnes âgées de plus de 75 ans, contre 93 en moyenne en France métropolitaine.
Le maintien à domicile devient central
Pour autant, aucun développement majeur des capacités d’accueil n’est envisagé à l’horizon 2055 : la majorité des personnes concernées devraient donc continuer à vivre chez elles. À cet horizon, l’Insee estime que sept seniors en perte d’autonomie sur dix résideraient à domicile, soit 81 400.
Ce choix, encouragé par les politiques publiques, implique un développement important des services d’accompagnement. Les besoins pourraient concerner jusqu’à 200 000 ménages dans les trente prochaines années. Conséquence directe : entre 8 000 et 14 000 salariés supplémentaires seraient nécessaires dans les métiers de l’aide et des services à domicile, déjà fortement en tension.
En parallèle, des solutions intermédiaires se développent : résidences autonomie, colocations intergénérationnelles… Dans la région, le nombre de places en résidence autonomie a progressé de 12 % entre 2016 et 2022, plus rapidement que la population des seniors (+7 %). Dans ce contexte, les investissements devraient davantage porter sur la rénovation des structures existantes et sur ces formes d’habitat intermédiaires.
Entre services à domicile, adaptation des logements, solutions d’habitat et accompagnement des aidants, l’économie du vieillissement devrait ainsi devenir un secteur clé pour l’emploi et l’activité dans la région dans les décennies à venir.
Texte : Pauline Bresson
Source : Insee Analyses BFC, n° 137.