Le marché du travail en Bourgogne-Franche-Comté a connu une légère dégradation en 2025 par rapport à l’année précédente : l’emploi salarié régional recule de 0,6 % pour atteindre 988 900 postes. À quoi peut-on l’attribuer ? Faut-il y voir le signe d’une crise régionale, ou bien une simple variation ?
À première vue, tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Le Territoire de Belfort (-1,4 %) et le Doubs (-0,9 %) affichent les baisses les plus nettes, tandis que la Saône-et-Loire (-0,3 %) ou la Nièvre (-0,7 %) s’en sortent mieux. Une différence liée à la structure économique locale : industries très exposées à la conjoncture, dépendance à l’automobile ou services aux entreprises, chacun réagit différemment.
Mais certains secteurs tirent aussi leur épingle du jeu. L’agroalimentaire, par exemple, continue de recruter et d’afficher une stabilité remarquable depuis mi-2023. L’hébergement-restauration progresse de 0,8 %, portée par une saison estivale favorable, tandis que l’agriculture régionale gagne 3 %, malgré les tensions sur les céréales et les effets de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. Dans la construction, si les mises en chantier stagnent à 7 300 logements, les autorisations de logements grimpent de 25 %, signe d’un retour progressif de l’investissement immobilier.
Côté dirigeants, ces évolutions offrent autant de signaux d’alerte que d’opportunités. La création d’entreprises bat un record avec 35 100 immatriculations (+5,4 %), largement portée par les micro-entrepreneurs. Les défaillances progressent légèrement (+3,5 %), mais le nombre d’emplois menacés dans les entreprises en redressement diminue, traduisant une meilleure anticipation et une résilience certaine des chefs d’entreprise.
Alors, cette dégradation est-elle inquiétante ? Plutôt qu’une crise, elle reflète un rééquilibrage après plusieurs années de stabilité, face à un environnement économique plus exigeant. Si certains secteurs, comme l’industrie ou le tertiaire marchand, voient leurs effectifs diminuer, d’autres continuent de croître, laissant aux dirigeants des marges de manœuvre et des opportunités concrètes pour développer leur activité. La région suit d’ailleurs la tendance nationale puisque la France enregistre elle aussi un recul de l’emploi salarié en 2025.
En somme, la Bourgogne-Franche-Comté reste une région vivante pour l’entrepreneuriat. La dégradation du marché du travail est réelle, mais elle n’est ni uniformément répartie ni synonyme d’alerte maximale : elle appelle avant tout à de la vigilance et à des décisions stratégiques éclairées.
Texte : Zoé Benoit
Source : “Le marché du travail se dégrade en Bourgogne-Franche-Comté : Synthèse annuelle économique régionale – 2025”, Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté, n° 51, avril 2026.