Même enseigne, mêmes codes, même concept… La franchise pourrait facilement passer pour un vecteur d’uniformisation. Pourtant, sur le terrain, le modèle fonctionne largement à l’échelle locale. Hors Île-de-France, les franchisés se répartissent de manière étonnamment équilibrée entre petites villes, villes moyennes et grandes agglomérations.
Un modèle qui colle aux territoires
Cette répartition n’est pas un hasard. La franchise s’appuie largement sur des entrepreneurs déjà implantés localement : 59 % ouvrent leur point de vente dans le même département que leur précédente activité professionnelle, et 82 % restent dans la même région. Chez les moins de 35 ans, l’ancrage est encore plus marqué : 71 % choisissent de rester dans leur département. Le modèle joue donc moins comme un vecteur de mobilité que comme un moyen d’entreprendre là où l’on vit déjà.
Dans les territoires ruraux et les petites villes, cette mécanique peut aussi contribuer à maintenir une offre commerciale. Les enseignes y ciblent en priorité des besoins difficiles à délocaliser : alimentaire de proximité, boulangerie, services à la personne ou restauration. Le rapport du Sénat souligne que la franchise permet d’y sécuriser des projets grâce à un concept déjà éprouvé, à l’accompagnement du réseau et à la connaissance du terrain par l’entrepreneur local.
La Bourgogne-Franche-Comté accélère
La région en fournit justement une bonne illustration. Dans le dernier classement du dynamisme des ouvertures en franchise, la Bourgogne-Franche-Comté gagne six places et se hisse au 5e rang national. C’est la progression la plus marquante relevée par le rapport.
Le contexte est plutôt porteur : en 2025, le chiffre d’affaires de la franchise a progressé de 4,9 %, contre 2,5 % pour le marché national. Et malgré la montée du commerce en ligne, 74 % des Français déclarent fréquenter régulièrement, voire systématiquement, les commerces de proximité.
Autrement dit, la franchise ne se contente pas de dupliquer des enseignes, mais s’appuie sur des entrepreneurs locaux pour occuper des marchés parfois délaissés par les grands réseaux intégrés. De quoi bousculer l’image d’un modèle standardisé : derrière une enseigne commune, la franchise reste souvent une affaire très locale.
Texte : Zoé Benoit
Sources : « Entreprendre sous enseigne », rapport d’Olivier Rietmann, Sophie Primas et Fabien Gay, juin 2026 ; 21ème édition de l’Enquête de la Franchise, Banque Populaire, Fédération Française de la Franchise, Kantar, 2024.