Les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté prévoient 85 000 recrutements en 2026. Un chiffre issu de l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » menée par France Travail, en léger recul par rapport à 2025, mais qui reste à un niveau élevé dans un contexte économique plus incertain.
Une dynamique locale
Dans la région, 85 690 recrutements sont prévus cette année. Au total, 23 % des établissements prévoient de recruter cette année. La dynamique repose surtout sur les petites structures. Deux recrutements sur trois devraient être réalisés par des structures de moins de 50 salariés, et plus d’un tiers par des entreprises de moins de cinq salariés.
Côté secteurs, les services ont la part belle et concentrent près de 60 % des recrutements envisagés, devant l’agroalimentaire et le commerce. Et la saisonnalité reste forte : près d’un tiers des recrutements sont saisonniers, notamment dans la viticulture et l’agriculture.
Sur dix ans, la dynamique est nette : les projets de recrutement ont fortement augmenté, passant de 61 560 en 2016 à un pic de 107 790 en 2023, avant de refluer progressivement.
En réalité, le ralentissement s’avèrera peut-être plus important : l’enquête a été réalisée à l’automne 2025, avant les nouvelles tensions internationales et la hausse récente des prix de l’énergie.
Des défis à relever
Mais dans le même temps, un autre indicateur a évolué. Si le nombre de projets a augmenté en dix ans, la part des difficultés de recrutement a elle aussi progressé. En 2016, seules 32,4 % des entreprises déclarent avoir des difficultés à recruter. En 2026, elles sont désormais 47,5 %, avec un pic à près de 60 % en 2022. Autrement dit : le marché de l’emploi s’est élargi, mais il s’est aussi tendu. Les secteurs des services et de la construction restent les plus touchés.
En toile de fond, un défi plus structurel se profile pour les entreprises régionales. La population active pourrait baisser de 10 % d’ici 2050, ce qui représenterait 145 000 actifs en moins. Cette évolution s’explique notamment par le vieillissement de la population et par la baisse durable de la natalité : en 2025, la région a enregistré près de 20 000 naissances, soit un tiers de moins qu’en 2000.
En somme, les entreprises continuent d’embaucher, mais peinent de plus en plus à trouver les profils nécessaires. Dans les années à venir, la question ne sera donc pas seulement celle du volume de recrutements, mais aussi celle de l’attractivité des métiers, de la formation et du renouvellement de la population active.
Texte : Zoé Benoit
Source : Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026, France Travail.