La dernière publication d’Altares confirme une tendance toujours préoccupante : près de 19 000 procédures collectives ont été ouvertes au premier trimestre 2026 en France, portant à 71 000 le nombre de défaillances sur douze mois glissants, un niveau record. Les très petites entreprises concentrent l’essentiel des difficultés, une réalité qui se retrouve très nettement en Bourgogne-Franche-Comté.
Les très petites entreprises particulièrement touchées
Si les entreprises d’au moins 100 salariés enregistrent moins de défaillances (-15 % par rapport au premier trimestre de 2025), les plus petites entreprises sont particulièrement sous pression.
93 % des défaillances ce trimestre (T1 2026) concernent des très petites entreprises. « Des structures pour lesquelles le temps long, pourtant indispensable à un retournement durable, constitue un luxe souvent inaccessible », déplore Thierry Millon, directeur des études Altares. Des difficultés de trésorerie confirmées par la hausse de la part des redressements judiciaires dans les procédures collectives.
La Bourgogne-Franche-Comté dans le dur
670 procédures collectives ont été ouvertes au premier trimestre 2026, soit une hausse de près de 20 % par rapport à au premier trimestre 2025. Un début d’année difficile qui confirme la dégradation déjà entamée à la fin de l’année précédente : la région comptait déjà 619 défaillances au quatrième trimestre 2025.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la Bourgogne-Franche-Comté totalise 2 259 redressements et liquidations judiciaires, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2015.
Car les liquidations restent l’issue la plus fréquente pour les entreprises en difficulté : elles représentent plus de 60 % des procédures. Une situation qui fait écho à l’actualité dijonnaise : vendredi 10 avril, la liquidation judiciaire de trois établissements de la Cité de la Gastronomie a été prononcée ; un an après leur mise en redressement judiciaire.
Les tendances observées au niveau national se retrouvent également sur le territoire : les très petites entreprises restent les plus exposées, tandis que plusieurs secteurs, notamment le commerce de détail et certains services aux entreprises, continuent de subir les effets d’une conjoncture incertaine.
Accompagner les entreprises
Face à ce constat, Thierry Millon rappelle l’importance de l’accompagnement des entreprises en difficulté. L’occasion de rappeler les actions de soutien mises en œuvre au niveau national et local. L’État a lancé une charte de confiance en février 2026. Et les associations elles aussi agissent, à l’image du partenariat entre le Medef et l’ARE ou encore du partenariat entre l’Urssaf de Franche-Comté et les Casques Bleus.
Un début d’année sous tension donc, qui prolonge la fin d’exercice 2025 déjà délicate pour le tissu économique régional et confirme que la vague de défaillances amorcée après les années de soutien public n’a pas encore complètement reflué.
Texte : Pauline Bresson