Les investissements destinés à réduire l’impact environnemental de l’industrie continuent de grimper. En 2024, ils atteignent 3,1 milliards d’euros, soit 49 % de plus qu’en 2021. Mais surtout, les énergies renouvelables prennent désormais la tête des priorités. Avec 812 millions d’euros investis en 2024, elles devancent les économies d’énergie, à 721 millions d’euros. À eux deux, ces postes représentent la moitié des investissements antipollution de l’industrie.
La biomasse en tête, le solaire accélère
Dans le détail, la biomasse et les méthaniseurs concentrent 412 millions d’euros en 2024, soit 51 % des investissements consacrés aux énergies renouvelables. Le solaire arrive derrière, avec 271 millions d’euros et une hausse de 38 % sur un an.
Les pompes à chaleur pèsent moins lourd (75 millions d’euros) mais leur progression est spectaculaire avec une augmentation de 92 % en un an. Un signe parmi d’autres de la diversification des solutions mobilisées par les industriels.
Chacun a ses priorités et ses moyens
Les choix diffèrent cependant selon les secteurs. C’est, assez logiquement, dans la production et la distribution d’énergie que les renouvelables pèsent le plus dans les dépenses environnementales, représentant 34 %. L’agroalimentaire met davantage l’accent sur l’eau et les eaux usées (36 %) et sur les économies d’énergie (33 %).
Dans la chimie, ces deux postes pèsent chacun 26 %. La métallurgie, elle, consacre 29 % de ses dépenses aux déchets. Autrement dit, la transition environnementale ne se décline pas de la même manière partout : elle dépend directement des procédés, des consommations et des contraintes propres à chaque activité.
La taille joue aussi un rôle clé. Si 43 % des établissements de 20 à 49 salariés réalisent des dépenses antipollution, cette proportion grimpe à 89 % chez ceux de 500 salariés ou plus. Les montants suivent la même logique : l’investissement moyen passe de 104 000 euros dans les plus petits établissements à 1,64 million d’euros dans les plus grands.
Ces derniers ne représentent pourtant que 2 % des établissements industriels, mais concentrent 24 % des dépenses environnementales.
Pour les dirigeants industriels, les dépenses environnementales progressent, mais les investissements se concentrent de plus en plus sur des équipements capables de transformer concrètement les modes de production.
Texte : Pauline Bresson
Source : “Les dépenses antipollution dans l’industrie en 2024”, Insee Première, n° 2124, septembre 2026.