Le taux de chômage des travailleurs handicapés atteint 11,5 % en 2025 en France, soit 1,5 fois plus celui de l’ensemble de la population active (7,9 %). Dans ce contexte, la Bourgogne-Franche-Comté se distingue.
Une dynamique régionale encourageante
À contre-courant de la tendance générale, la Bourgogne-Franche-Comté voit son nombre de demandeurs d’emploi chuter parmi les personnes en situation de handicap. Fin 2025, le nombre de demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’obligation d’emploi y recule de 3,9 %, quand l’ensemble des demandeurs d’emploi progresse de 3,4 %. Une évolution favorable en région, mais aussi en comparaison de la moyenne nationale.
En Bourgogne-Franche-Comté, 41 % des employeurs soumis à l’obligation d’emploi (OETH) atteignent ou dépassent le seuil légal de 6 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs. La moyenne nationale plafonne à 35 %.
À l’inverse, 22 % des entreprises assujetties à l’OETH en Bourgogne-Franche-Comté n’emploient aucun bénéficiaire, contre 28 % au niveau national. De quoi faire de la région l’une des plus vertueuses sur cet indicateur.
Des chiffres à mettre en perspective avec le tissu économique de la région, majoritairement constitué de TPE et PME. L’obligation d’emploi ne valant que pour les entreprises de plus de 20 salariés, une partie des entreprises de Bourgogne-Franche-Comté n’est donc pas concernée.
Le point sur l’obligation d’emploi
Instaurée en 1987, l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) impose aux employeurs de 20 salariés ou plus d’employer a minima 6 % de bénéficiaires, sous peine de devoir verser une contribution. Jusqu’en 2020, l’obligation d’emploi s’appréciait à l’échelle d’un établissement ou d’un site ; elle est désormais calculée à l’échelle de l’entreprise.
Toute structure comptant plus de 20 salariés doit aujourd’hui compter au minimum 6 % de travailleurs handicapés dans ses effectifs. Un élargissement de l’obligation qui a donc augmenté le nombre d’employeurs concernés, de même que les effectifs théoriques de travailleurs handicapés attendus. Pour autant, l’influence sur les recrutements reste mesurée.
Conserver plutôt que recruter
Selon une étude récente réalisée par Dares, ce sont surtout les grandes entreprises déjà soumises à l’obligation qui ont renforcé leurs embauches.
Les nouveaux employeurs concernés ont davantage mis l’accent sur le maintien dans l’emploi que sur de nouveaux recrutements. On cherche davantage à conserver les collaborateurs lorsqu’un handicap survient au cours de leur carrière, à adapter les postes et à mieux accompagner les parcours.
Les préjugés restent surtout tenaces au moment du recrutement : les entreprises ayant recours à un référent handicap ou bénéficié de l’accompagnement de l’Agefiph se montrent nettement plus enclines à recruter.
En somme, la question de l’inclusion dépasse de plus en plus le seul cadre réglementaire pour devenir un véritable enjeu RH. Si l’ouverture des recrutements reste un défi, le maintien dans l’emploi est un vrai levier de l’inclusion.
Texte : Zoé Benoit
Sources : “Emploi et chômage des personnes handicapées, Année 2025, Région Bourgogne-Franche-Comté”, Observatoire de l’emploi et du handicap, Agefiph.
L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés favorise-t-elle l’embauche des personnes en situation de handicap ?, Éloïse Menestrier, Dares, juillet 2026.
“Emploi et chômage des personnes handicapées, Année 2025”, Observatoire de l’emploi et du handicap, Agefiph.