Le réseau de bornes de recharge poursuit son expansion en France, et la Bourgogne‑Franche‑Comté n’est pas en reste. En mars 2026, la région comptait 7 807 points de recharge ouverts au public, contre 1 175 en mars 2020. En six ans, leur nombre a donc été multiplié par plus de six.
Une décennie de bascule
Cette progression accompagne une transformation plus large du parc automobile. Longtemps marginal, le véhicule électrique connaît depuis quelques années une accélération marquée, portée par l’amélioration des batteries, l’arrivée de nouveaux modèles et le développement des infrastructures de recharge.
À l’échelle nationale, la France est passée d’environ 30 000 bornes en 2020 à plus de 192 000 aujourd’hui.
Une transition aussi industrielle
Les pouvoirs publics ont fixé un cap ambitieux : deux voitures neuves sur trois devront être électriques d’ici 2030. Le gouvernement met en avant à la fois l’enjeu environnemental et celui du pouvoir d’achat. Selon l’exécutif, parcourir 100 kilomètres en voiture électrique coûte entre 2 et 3 euros, contre environ 11 euros avec un véhicule diesel.
Cette transition s’accompagne aussi d’un objectif industriel. Les constructeurs français devront produire 400 000 véhicules électriques par an dès 2027, puis un million en 2030, alors que la France était encore quasi absente de cette production il y a cinq ans.
Pour faciliter l’accès à ces véhicules, plusieurs dispositifs doivent être relancés. Le leasing social reprendra dès juin avec 50 000 véhicules électriques proposés à loyer modéré pour les ménages modestes. Un autre dispositif vise les « gros rouleurs » des classes moyennes (aides à domicile, infirmières, artisans ou salariés) avec 50 000 véhicules supplémentaires aidés dès 2026.
Des infrastructures décisives
L’essor de la mobilité électrique repose toutefois sur un facteur clé : la recharge. L’État a ainsi présenté une stratégie d’électrification du réseau routier national à l’horizon 2035.
Bien qu’il ne représente que 2 % du réseau routier français, ce réseau (qui comprend les autoroutes et routes nationales) concentre près d’un tiers du trafic. Le plan prévoit 22 000 points de recharge rapides pour véhicules légers répartis sur près de 900 aires, ainsi que 8 000 bornes destinées aux poids lourds sur environ 560 aires, capables de recharger un camion en une vingtaine à quarante-cinq minutes.
Au total, le nombre de bornes sur les grands axes devrait être multiplié par cinq d’ici 2035, un levier essentiel pour accompagner la généralisation du véhicule électrique.
Texte : Zoé Benoit
Source : Baromètre IRVE, Avere-France / Ministère de la Transition écologique / Gireve, mars 2026.