Commerce, santé, enseignement, services de proximité, administration, tourisme… Ces activités, appelées « présentielles » par opposition à « productives », répondent aux besoins des habitants et des visiteurs présents sur le territoire. En 30 ans, elles se sont imposées comme la colonne vertébrale de l’économie régionale : près de deux emplois sur trois relèvent de la sphère présentielle aujourd’hui, contre moins d’un sur deux il y a trente ans.
Une économie de proximité
L’économie présentielle, c’est l’économie du quotidien. Elle regroupe toutes les activités qui répondent aux besoins des personnes présentes sur un territoire : se soigner, se former, faire ses courses, se restaurer, se divertir ou encore se déplacer. Une sphère qui se distingue de l’économie productive, tournée vers des biens et services destinés à être consommés ailleurs.
L’économie présentielle a progressivement gagné du terrain au cours des dernières décennies : en Bourgogne-Franche-Comté, l’économie présentielle regroupe près de 700 000 emplois en 2022, contre moins de 400 000 emplois pour l’économie productive. Une évolution portée par une dynamique démographique, l’amélioration du niveau de vie, le développement du tourisme et la tertiarisation de l’économie.
Depuis 2011, toutefois, cette progression marque le pas : l’emploi présentiel se stabilise, à l’image de la population qui n’augmente plus. Le présentiel occupe la même proportion de l’économie, mais la place des secteurs qu’elle représente évolue. Soutenu par le vieillissement de la population, le secteur de la santé et de l’action sociale représente aujourd’hui 1 emploi présentiel sur 4 : il enregistre 3 400 emplois supplémentaires depuis 2011, tandis que la construction, le transport et l’entreposage perdent près de 10 000 emplois sur cette même période.
Un facteur de stabilité, avec ses limites
Parce qu’elle est liée aux besoins quotidiens de la population en région, l’économie présentielle est moins exposée aux délocalisations. Elle joue ainsi un rôle de stabilisateur économique pour les territoires.
Portée par les petites structures, l’économie présentielle compte plus de 90 % d’établissements de moins de dix salariés. Un avantage : les fermetures d’entreprises se ressentent moins dans l’emploi local que dans les secteurs dominés par les grandes entreprises.
Mais il y a une ombre au tableau : les femmes occupent 58 % des emplois du secteur, contre seulement 33 % dans l’économie productive. Une prédominance qui rappelle également les inégalités qui traversent le marché du travail. Les activités essentielles au fonctionnement quotidien des territoires (soin, accompagnement, éducation, services à la personne) restent largement assurées par des femmes, tout en offrant plus fréquemment des emplois à temps partiel et des niveaux de rémunération inférieurs à ceux de l’économie productive.
Si l’économie présentielle est essentielle à l’équilibre des territoires, elle a aussi ses défis et porte la question de la revalorisation de ces métiers plus précaires.
Texte : Zoé Benoit