À l’occasion du lancement du plan gouvernemental « Objectif reprises », la transmission d’entreprise s’impose comme un enjeu économique majeur. En France, près de 500 000 chefs d’entreprise partiront à la retraite dans les dix prochaines années. Un mouvement démographique d’ampleur qui pourrait concerner environ 3 millions d’emplois et fragiliser une part importante du tissu économique local.
Une stabilité des reprises pas si rassurante
Les données récentes de reprises d’entreprise confirment une dynamique globalement stable mais sous tension. La Bourgogne-Franche-Comté suit la tendance nationale : pas de véritable accélération des reprises, malgré l’ampleur des départs à venir. Car le nombre d’entreprises à transmettre croît plus vite que les reprises effectives.
Cette dynamique va s’amplifier avec le vieillissement des chefs d’entreprise. Dans de nombreux territoires, près d’un tiers des dirigeants ont aujourd’hui plus de 55 ans, ce qui laisse présager une hausse progressive et durable des opérations de transmission. Le défi n’est donc pas seulement quantitatif, mais structurel : il s’agit d’organiser un marché de la reprise encore largement fragmenté, où de nombreuses cessions ne sont pas anticipées suffisamment tôt.
Anticiper et encourager les reprises
Dans les faits, les transmissions restent encore insuffisamment anticipées et souvent complexes à organiser. Elles concernent majoritairement des entreprises de proximité, notamment dans le commerce, la construction, l’hébergement-restauration et les services aux entreprises, qui concentrent à elles seules une large part des opportunités de reprise. Ces activités, très ancrées dans les territoires, reposent fréquemment sur des TPE et PME dont la continuité dépend directement du passage de relais entre dirigeants.
Dans ce contexte, le repreneuriat apparaît comme une voie entrepreneuriale stratégique. Il permet de reprendre une activité déjà existante, avec sa clientèle, son savoir-faire et ses emplois, tout en bénéficiant d’un taux de survie généralement supérieur à celui des créations ex nihilo. Pour les territoires, c’est aussi un levier essentiel de maintien de l’activité économique et de préservation des compétences locales.
Des aides existent d’ores et déjà en Bourgogne-Franche-Comté. À commencer par le Visa Reprise porté par la CCI, une labellisation repreneur PME/PMI qui permet d’accompagner les futurs repreneurs. Les six CCI implantées en Bourgogne-Franche-Comté proposent également une offre “Entreprendre et transmettre” comprenant formations, événements, techniques et conseils.
Au croisement des enjeux démographiques, économiques et territoriaux, la reprise d’entreprise s’impose ainsi comme un sujet central des prochaines années, à la fois pour sécuriser les transmissions et pour encourager de nouveaux parcours entrepreneuriaux.
Texte : Zoé Benoit
Source : Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC), 2026.