Le marché du travail régional continue de se dégrader. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage atteint 7,4 % en Bourgogne-Franche-Comté, et 8,3 % en France. La hausse est toutefois du même ordre : +0,6 point en un an dans la région, et +0,8 point au niveau national. La BFC reste donc mieux placée, mais n’échappe pas à la tendance française.
De gros écarts entre les départements
Derrière cette moyenne régionale, les situations sont loin d’être homogènes. Le Territoire de Belfort reste le département le plus exposé, avec un taux de chômage de 9,9 %, et surtout le seul à dépasser la moyenne nationale. À l’autre bout du classement, le Jura affiche 6,1 % et la Côte-d’Or 6,6 %.
La dégradation est néanmoins assez générale : tous les départements voient leur taux de chômage progresser ou rester stable sur le trimestre, avec une hausse sur un an partout. Les territoires les plus industriels de l’est de la région restent les plus touchés.
Industrie et construction parmi les secteurs les plus touchés
Certains secteurs déjà durement touchés par les hausses des prix ne sont pas épargnés non plus. La construction perd 0,8 % de ses emplois sur le trimestre, tandis que l’industrie recule de 0,3 %. L’intérim repart également à la baisse après une amélioration durant l’hiver, avec un recul particulièrement marqué dans la construction et le commerce.
Seuls les services non marchands stabilisent leurs effectifs. Dans l’industrie, une nuance toutefois : les équipements de transport cessent de perdre des emplois après deux années de baisse, tandis que les autres produits industriels continuent de reculer.
Des entreprises sous pression
Les autres indicateurs dressent le même constat. Près de 1 860 salariés travaillent dans une entreprise faisant l’objet d’une procédure collective, soit 29,7 % de plus qu’un an auparavant, malgré une baisse de 10 % du nombre de défaillances. Autrement dit, il semble que les procédures collectives concernent des entreprises de plus grosse taille.
Les entreprises anticipent également davantage de recours à l’activité partielle. Et elles sont plus nombreuses à demander des délais de paiement à l’Urssaf : plus de 2 400 demandes au deuxième trimestre, soit +8,3 % sur un an.
Pourquoi la région conserve un taux de chômage inférieur au national ?
Une fois n’est pas coutume, le vieillissement de la population joue en notre faveur. Une population active en déclin, c’est moins de nouveaux entrants sur le marché de l’emploi à absorber pour les entreprises. Ainsi, le taux de chômage est structurellement plus bas que dans les régions à forte densité démographique.
S’ajoute à cela un besoin de main-d’œuvre régulier dans l’industrie, bien ancrée dans notre région, qui permet de maintenir une dynamique d’emplois de proximité. Selon France Travail, les nombreux départs à la retraite se heurtent à une pénurie de profils qualifiés, alors même que le niveau de diplôme de la population en âge de travailler augmente au fil des générations, ce qui a pour effet de créer d’importantes tensions sur les recrutements locaux, mais aussi de faire émerger la question de la qualité de la formation des jeunes et de son adéquation aux besoins du marché du travail.
Texte : Zoé Benoit
Sources : “Dégradation marquée de l’emploi au 2e trimestre 2026”, Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté, n° 53, 29 septembre 2026.
“D’ici 2050, la région pourrait compter 145 000 actifs de moins”, Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté, n° 123, décembre 2024.
Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026, Bourgogne-Franche-Comté, France Travail.
Niveau de diplôme de la population, 21/11/2024, INSEE