Face à la hausse des prix du carburant, plusieurs aides sont prolongées ou élargies jusqu’à la fin de l’année 2026. BTP, agriculture, transport routier : les dispositifs varient selon les secteurs. Mais ces dispositifs suffisent-ils à compenser la facture ?
Des aides ciblées selon les activités
Dans le bâtiment et les travaux publics (BTP), les entreprises éligibles peuvent bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre de gazole non routier (GNR). Pour les agriculteurs, l’aide est de 15 centimes par litre. Ces soutiens sont prolongés jusqu’au 31 décembre 2026. Attention toutefois : les périodes couvertes et les modalités de demande varient selon le secteur et les dates d’achat.
Dans le transport routier, une nouvelle période de dépôt des demandes est ouverte depuis le 5 octobre. Les entreprises de transport de marchandises et de voyageurs peuvent solliciter l’aide exceptionnelle pour les consommations de carburant de juin à août 2026, au titre des véhicules de leur flotte.
Et pour les salariés grands rouleurs ?
L’aide de 100 € est renouvelée pour le dernier trimestre 2026 et élargie à 5,5 millions de Français, contre 3 millions auparavant. Elle concerne notamment les salariés et les indépendants qui utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles, sous conditions de revenus et de distance parcourue.
Pour les bénéficiaires de la première période, le versement est automatique à la mi-octobre. Les autres pourront vérifier leur éligibilité dès le 12 octobre et déposer leur demande à partir du 22 octobre sur impots.gouv.fr.
Enfin, la prime carburant que l’employeur peut verser pour les trajets domicile-travail voit son plafond défiscalisé relevé à 1 000 €, contre 600 € auparavant.
8 700 € de surcoût par véhicule dans le transport
Les montants versés restent parfois très éloignés des dépenses supplémentaires supportées par les entreprises.
Dans le transport routier en particulier, l’écart entre les surcoûts supportés et les aides perçues reste particulièrement marqué. Selon une enquête de l’Union TLF menée en septembre auprès de 80 entreprises, un transporteur a absorbé environ 8 700 € de surcoût par véhicule entre mars et septembre, pour 1 000 € d’aide au maximum.
Une autre difficulté concerne les entreprises, tous secteurs confondus : répercuter la hausse des factures sur les clients. Selon une récente enquête du Medef, les entreprises absorbent la majorité du surcoût énergétique : parmi les interrogés, 51 % ne répercutent aucun surcoût à leurs clients et 23 % n’en répercutent pas plus d’un quart. Les délais de paiement s’allongent également, accentuant la pression sur la trésorerie.
Et si les contrats à prix fixe ou pluriannuels permettent encore à certains de retarder les hausses de factures, cette protection n’est pas illimitée. Le moment du renouvellement des contrats risque de s’accompagner d’une hausse, qu’il faut aussi pouvoir anticiper.
Texte : Pauline Bresson
Photo : DR
Sources : Enquête flash auprès des adhérents de l’Union TLF : Hausse du coût des carburants : garantir la répercussion effective des coûts et apporter une réponse structurelle aux transporteurs, Union des Entreprises Transport et Logistique de France, 5 octobre 2026.
Enquête flash sur les conséquences de la crise énergétique pour les entreprises : Le choc énergétique se transforme en choc de trésorerie, Medef, octobre 2026.